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  • [Film] The Molly Maguires
    The Molly Maguires est un film très «riche» dans le sens où on y croise le talent de Martin Ritt, réalisateur un peu maudit (victime de la chasse aux sorcières du maccarthysme), une trame simple mais d'une grande efficacité, la maîtrise de James Wong Howe à la photographie, la beauté de la musique composée par Henry Mancini, et la présence magnifique de Sean Connery et de Richard Harris, sans oublier la beauté troublante de Samatha Eggar. Pour ce qui est de l'esthétique, le film est génial: cadrages précis et justes, montage et enchaînement des scènes fluides, lumière parfaitement maîtrisée, mise en scène simple mais totalement efficace. Ce qu'il y a de plus glaçant dans le film, c'est qu'il est pessimiste: les mineurs opprimés n'ont d'autre choix que le sabotage pour exprimer leur révolte et leurs revendications. Mais le malheur, c'est qu'ils n'atteindront pas leur but. Le traître est là pour contrecarrer tous leurs plans, toujours mettre des policiers sur leur chemin. Ce qui n'empêche pas le traître d'être un personnage en demi-teinte, subtil, nuancé. Le film n'en demeure pas moins très injuste (attention aux spoilers possibles), d'autant plus qu'il nie toute possibilité de rédemption pour le traître ? qui lui-même, dans sa dernière confrontation avec Kehoe/Sean Connery, est incapable de dire ce qu'il attend de la discussion. Le résultat, c'est un film réellement excellent qui a dépassé ce que j'imaginais. Note: le film, produit en 1969, est sorti en 1970 dans une version raccourcie au montage par les producteurs (1h45), et il n'est ressorti que très récemment dans sa version intégrale de 2h05, parfaitement restaurée, qui permet de profiter pleinement de l'image et de la bande-son (qui met en valeur les bruits de la mine, des chariots, des pics qu'on enfonce dans la houille pour extraire le charbon...). À voir absolument, un authentique chef-d'?uvre.
  • [Film] Les Evadés
    "Dépêche toi de vivre ou dépêche toi de mourir." L?histoire est adaptée de la nouvelle de Stephen King Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank. L?adaptation est fidèle et tout aussi poignante. Le film peut paraître simple mais c?est là la force de Frank Darabont. Pas d?effets spéciaux, pas d?éclats de violence extrême mais simplement des détenus en uniformes qui parlent. Ils parlent de leurs quotidiens, de leurs vies d?avant, de leurs attentes et même d?espoir : « Ne pas oublier que... qu'il y a des endroits, dans le monde, qui ne sont pas faits de murs de pierre. Qu'il y a quelque chose, en nous, qu'ils ne peuvent atteindre, qu'ils ne peuvent toucher. » Bien que les faits soient parfois crus et brutaux, la narration (de Morgan Freeman) nous amène délicatement au fil de l?histoire. Comment décrire le moment où se jouent les noces de Figaro en d?autres termes que poétiques ? Ce sont des couleurs froides qui décrivent cet univers carcéral, froides et grisonnantes, comme les tempes des détenus. Vers la fin, notamment à partir de la sortie de Red, les couleurs deviennent plus vives et plus chaudes, jusqu?à l?extrême lors de la scène finale. Le rythme lent est là pour servir le déroulement de l?histoire, la vie et l?acceptation de la routine pénitentiaire. La deuxième partie peut paraître plus lente, comme le calme avant la tempête. La tension monte progressivement jusqu?à l?explosion finale, un crescendo d?espoir jusqu?à qu?une justice, qui n?est que trop due, soit enfin rendue. La musique délicate et grave de Thomas Newman, entre cordes et piano, est partie intégrante de l?histoire et se prête parfaitement aux images. Que dire des acteurs. Tim Robbins et Morgan Freeman sont absolument stupéfiants. Sobres, justes, graves, tout en retenue, ils sont magnifiques dans les interprétations d?Andy et Red. A mentionner également les prestations de Bob Gunton et Clancy Brown dans les rôles respectifs du directeur et du chef de la garde. Il est assez surprenant que, malgré sept nominations (dont film et acteur pour Freeman), le film n?ai reçu aucune statuette. Il est toutefois classé numéro un dans le classement IMDb (http://french.imdb.com/chart/top) des meilleurs films de tous les temps. « J?espère que j?arriverais à passer la frontière. J?espère que je reverrais mon ami pour lui serrer la main. J?espère que le pacifique est aussi bleu que dans mes rêves. J?espère. »
  • [Film] Gi-joe
    Depuis que Michael Bay a réussi le pari de rendre crédible nos petits Transformers d?entant c?est au tour de Stephen Sommers (la Momie 1 et 2, Van Helsing?) d?y mettre son grain de sel avec « G.I Joe ». Après les succès absolument phénoménaux des deux premiers Transformers, il semblait tout à fait logique qu?HASBRO propose à la Paramount d?adapter ses « G.I Joe » au cinéma. Ne perdons pas de temps sur le pitch du film, un grand méchant écossais veut mettre à mal l?humanité, pourquoi ? Pour que le monde éprouve la plus grande peur qu?il n?ait jamais connu TIN tin ! Voilà la base du scénario de « GI-Joe », il est clair que de toute manière le film ne s?adresse en majeure partie qu?à un très (très) jeune public tant certaines séquences font penser aux films d?aventure ou de monstres des années 80?s 90?s. Il faut voir l?une des scènes finales pour le croire, Stephen Sommers n?a pas cherché à comprendre et assume complètement ce premier degré qui en fera sourire plus d?un. Mais en ce qui nous concerne, nous ne venons pas voir « GI-Joe » pour son scénario, ni même pour ses dialogues mais pour espérer y trouver un côté fun, décalé et de grosses séquences d?action. De l?action, il n?en manque pas : le film est suffisamment bien rythmé et la séquence dans Paris vaudra à elle seule votre place de cinéma, tout simplement énorme ! En fait c?est bien simple : imaginez tous les ingrédients qui composent une séquence d?action, tout ce qu?il est possible de réaliser à l?heure actuelle en terme d?effets spéciaux, qu?un réalisateur secoue bien le tout comme il faut et vous l?envoie en pleine tronche en prenant bien soin de ne pas gâcher une seule goutte, ce qui vous donne au final, UN JOYEUX BORDEL. Des voitures qui voltigent, des monuments historiques qui s?écroulent, une course poursuite dans un Paris plein d?embouteillages, un ninja qui s?accroche sur le toit d?un Hummer qui ce transforme en char d?assaut et qui envoie des missiles, deux mecs en combinaisons « super cheap » qui courent comme des tarés à 80km/h? Oui, « GI-Joe » est un foutoir pas possible à l?image de son découpage narratif (une présentation des personnages en roue libre) ses déluges d?effets spéciaux parfois un peu bancals, mais qu?importe le plaisir, coupable ou non, est bien présent. Si le début du film m?a fait tout de même un peu peur, on se retrouve par la suite comme des gosses à voir Duke et Ripcord courir avec leurs combinaisons accélératrices, foutre un bordel pas possible dans notre capitale, à voir des acteurs avec un jeu supra-théâtral au premier degré (Dennis Quaid dans le rôle du général Hawk est assez hilarant), de l?humour, une bonne instru? composée par Alan Silvestri (Predator, Retour vers le futur?) de bonnes grosse scènes d?action sous un déluge de SFX qui s?apparentent parfois à de la bouillie visuelle, des personnages que l?on appelle « Storm Shadow », « Snake Eyes » ou « Destroo »? C?est clair, « GI-Joe », au même titre que Transformers nous rappelle effectivement qu?un beau jour on étaient tous des mioches ^^ Il ne manque plus qu?à « MATTEL » d?adapter les aventures de « Ken et Barbie ». Article rédigé par Vincent
  • [Film] Public Enemies
    L'introduction Après avoir réussi le pari de transposé « Miami Vice » au goût du jour, sur le grand écran Michael Mann ressuscite John Dillinger (Johnny Depp), braqueur de banque, l?ennemi public numéro 1, le « Jacques Mesrine » des Etats-Unis des années 30. Il y avait tout, absolument tout les ingrédients pour que « Public Enemies » soit peut-être LE film de Michael Mann, son nouveau « Heat » puisqu?il faut bien l?avoué la référence pour tous cinéastes et fan du bonhomme reste encore ce polar qui date maintenant de 13ans. Un problème de rythme et de paradoxe Hélas « Public Enemies » et bel et bien une déception car le film s?avère beaucoup trop long dans sa deuxième partie. Un cruel manque de rythme se fait ressentir et les personnages ne sont pas la pour rehausser le ton. Au niveaux des personnages principal, si Johnny Depp incarne à la perfection Dillinger il n?en est pas de même pour Melvin Purvis incarné par un Christian Bale qui manque cruellement de profondeur ce qui est assez paradoxal compte tenu du personnage qu?il incarne et des événements qu?il traverse, un flic maladroit et désemparé qui mène tous ses hommes ou presque à l?abattoir. Et pour Marion Cotillard et bien je dois avouer que c?est l?une des principales révélations du film, c?est elle et elle seule qui vient (re)donner un second souffle dramatique qui manqué cruellement à l?histoire, un jeu sobre et tout en retenu qui lui va comme un gant. Quand aux personnages secondaire il y en a un paquet mais ils sont aussi épais qu?une feuille de papier, à aucun moment on ne s?attache vraiment aux hommes de Dillinger pas même son meilleur acolyte jouer par Jason Clarke (Red) même combat pour les membres du FBI dirigé par Melvin Purvis?des « fantômes » dans une ?uvre qui contient pourtant d?indéniable qualité déjà en terme de réalisation. C?est peut-être ici que réside le problème en fin de compte, « Public Enemies » est un paradoxe car la ou tout le monde s?attendait au moins à voir des braquages de banques épique dirigé par un maître qui a le sens du détail et de l?espace, Michael Mann se contente du strict minimum syndical avec peut-être un seul braquage vraiment intense et encore même le braquage de banque du Joker dans « The Dark knight » a plus de gueule. La dernière fusillade de nuit dans le chalet plutôt bien fichue aussi il faut l'admettre mais complètement dénué d'enjeux dramatique tant le film s'avère froid comme un glaçon, on peut entre-apercevoir à travers un ou deux plan le souffle épique qui manque à Public Enemies, frustrant. Une réalisation fidèle à Michael Mann mais? « Public Enemies » est foutrement carré dans la reconstitution des années 30, dans son ambiance, le son et la brutalité des impacts de balles, la musique composé par Elliot Goldenthal est excellente?en revanche petit bémol en ce qui concerne le choix de filmé tout en numérique, un procédé adopté par Michael Mann depuis « Ali », « Collateral » et « Miami Vice ». Si certaines scènes sont effectivement filmées en péloche, la globalité du film est filmé en DV et il faut avouer que par moment on y voit qu?eu- dal notamment dans les séquences de nuit. L?image est sale et parfois un peu flou (le comble du paroxysme est atteint si jamais vous avez la malchance d?être dans une salle ou votre projectionniste doit changer de métier). La question fondamentale ce doit d?être posé, « Public Ennemies » n?aurait-il pas mieux fait de rester en pellicule ? Conclusion M.Mann réalise un film presque sans âme à cause notamment d?un rythme foutrement mal dosé, sauvé in-extremis par sa dernière partie beaucoup plus réussi beaucoup plus dramatique et intense qui vient enfin rendre à John Dillinger son statut d?icône auprès du peuple américains mais tout cela grâce aussi à Marion Cotillard, le problème est que cette touche dramatique arrive beaucoup trop tard. Article rédigé par Vincent
  • [Film] S. Darko
    "S. Darko" est bel et bien la suite du film phénomène de l?année 2002 : "Donnie Darko". Que des personnes malintentionnées fassent ressusciter 27 fois des grands méchants tueurs dans des films d?horreur que l?on retrouvera par la suite en bout de caisse à 1 Euro chez Gifi, ma foi ok. Mais pourquoi vouloir perpétuer une oeuvre unique, intouchable, culte?surtout au vu du résultat? Pour le fric bien évidemment. Le coupable se nomme ici Adam Fields, producteur bienheureux de la poule aux ?ufs d?or suscitée qui dès lors le succès public et critique engendré essaya d?engrainer le réalisateur Richard Kelly dans une séquelle. Chose que Monsieur Kelly refusa toujours depuis le début, se battant même pour qu?une telle absurdité ne voie jamais le jour, en vain. Cette faille s?appelle les droits et ça ne pardonne pas. Aujourd?hui, on retrouve donc à nos dépends l?actrice Daveigh Chase qui reprend son rôle de Samantha Darko, souvenez vous la petite s?ur qui répétait sans cesse son spectacle de danse durant le premier film? Après une panne de bagnole elle se retrouve contrainte d?errer dans un village de bouseux où tous les personnages, du beau gosse bad boy qui roule en voiture de sport au flic obtus à moustache et lunettes noires, auraient pu porter un t-shirt « Je suis un cliché », leur jeu digne d?un écureuil tout juste apprivoisé n?arrangeant rien. L?histoire? Il n?y en a pas plus que sur un rouleau de PQ déroulé. Le scénariste, n?ayant sans doute rien compris à "Donnie Darko" après 18 visionnages, a cru bon de tout compliquer inutilement pour se la jouer intello-psychologuignolo. Mauvais copier-coller de l?intrigue originale en somme, Samantha jouant le rôle de Franck et un attardé en treillis celui de Donnie, bien qu?il soit -par le plus grand des hasards bien sûr- le petit-fils de Roberta Sparrow, l?auteur du fameux bouquin rouge sur le voyage temporel. Vous suivez? Non, moi non plus, le pourquoi du comment chez "S. Darko" ne passionnant guère plus que le conditionnement du thon à la tomate chez Saupiquet. On ne comprend rien, et contrairement à un film tel que "Donnie Darko" où la complexité a un sens, ici après coup on n?a vraiment aucune envie de s?infliger un second tour. Si l?imposteur de service désigné ici réalisateur ne se permettait pas qui plus est de voler toutes les idées, les plans, voire des scènes entières de son modèle et ceci en enlaidissant le tout, on tenterait sans doute de se sauver en cours de route de ce cauchemar qui à la longue n?est plus uniquement celui de l?héroïne mais également le notre. Cependant, la curiosité étant un vilain défaut, on subit car après tout il faut le voir pour le croire, et cela permettra au moins de rédiger une fiche non pas dans l?optique de conseiller cette chose mais bien de la déconseiller à tout prix! Richard Kelly a publiquement annoncé cette année qu?il ne verrait jamais ce film, le reniant catégoriquement ainsi que toute personne ayant participé de près où de loin au projet. Faisons de même, et sur ce il est grand temps en ce qui me concerne de revoir au plus vite le matériau de base pour effacer de ma mémoire ce consternant "S. Darko", hérésie mercantile qui aura mérité son sort de direct-to-dvd. "Donnie Darko" ad vitam aeternam!
  • [Film] Inglourious Basterds
    Attention, le tout nouveau film de Quentin Tarantino débarque sur nos écrans, tous à vos casques ! Plus efficace que le blitzkrieg, il enfonce tout sur son passage. Comme à son habitude, Tarantino s'approprie un genre cinématographique et tout en lui rendant hommage, le dynamite façon panzer, avec délectation. Il prend avec l'Histoire des libertés qui feraient dresser les cheveux sur la tête d'Alain Decaux et de ses collègues, mais c'est tellement jouissif ! Comme le gamin turbulent qu'il est resté, il réécrit de A à Z une page d'histoire et nous offre même un final totalement exaltant qui enlève définitivement le morceau ! Et pas de doute: quand on voit la qualité de la mise en scène, le choix des acteurs, tous impeccables, et ces savoureux dialogues dont lui seul a le secret, on sait qu'il est au mieux de sa forme. En tout cas on sent que Tarantino prend toujours autant plaisir à réaliser des films et son plus grand talent, c'est peut-être justement de réussir à tous les coups à rendre son plaisir communicatif. Bref, une fois de plus, on adore ! En tête d'une distribution en or massif, le vrai « héros » du film c'est Christoph Waltz, véritable découverte (on l'a connu second couteau dans les soporifiques séries télé allemandes Derrick et Tatort), grand acteur qui incarne un officier SS comme on n'en a jamais vu au cinéma. Mais les autres ne sont pas en reste: on citera Diane Kruger en espionne glamour, Daniel Brühl en héros de guerre et star de cinéma en « devenir », et Brad Pitt dans le rôle du « comique de service », affublé d'un ridicule accent sudiste à couper au couteau.
  • [Film] W. - L'improbable President
    Ca sera bien la première fois que je ne sais pas quoi dire pour remplir cette rubrique... Je ne voudrais pas avoir l'air de traiter ca par dessus la jambe mais, laisser un vrai blanc, c'aurait été le reflet le plus sincère et representatif de mon impression sur ce film. Comme, personnellement, j'attendais vraiment que Stone nous fasse un retour en grâce, j'ai été encore plus depitée que deçue. Oui parce que "deçue", c'est ressentir quelque chose de fort, hors là... J'ai le sentiment de ne pas avoir vu le film, qu'il ne m'en ai rien resté ou juste ce que je lui reproche. La construction m'a laissée de glace: envolée, cette fameuse narration dont Stone habillait ses films dans un montage tranchant et survolté ( parfois trop je sais ), renversant le puzzle de l'histoire pour jouer avec chacune des pièces... Une lecture sans audace, académique ( dans le pire sens ) qui alterne un lambeau de vie politique et un autre, intime, avec la régularité d'un metronome indereglable. Quant aux recrues du film, Josh Brolin en tête, je n'ai pas réussi à adhérer complètement à leur incarnation. Au lieu de trop remettre en cause la qualité de leur performance, je continue à penser que Stone est responsable de ce "mauvais etat général". A force de relâcher la bride, une certaine molesse a prit le pouvoir et il faut tout le talent d'un Richard Dreyfuss ou d'un Jeffrey Wright pour rassurer un peu les troupes. Si James Cromwell est égal à lui même ( grand, sentencieux, econome, classieux ), j'ai été plus dubitative sur son personnage de Bush père, contre lequel aucune charge ne semble peser manifestement... Un peu comme si l'Amerique avait eu John Wayne pour président... Je ne demandais pas forcement qu'on sorte l'artillerie lourde contre Bush junior mais il s'agissait au moins de trouver le même equilibre que dans Nixon, homme obscur et ambigü. Si cet homme etait du pain béni pour le drame théâtral, W. aurait pu être son pendant "comique" et absurde ! Bah non. Stone aurait-il voulu faire amende honorable de quelque chose ? En tout cas, il a frôlé la trahison. Ce W. a tout d'un pétard mouillé.
  • [Film] Portier De Nuit (le)
    Le Portier de Nuit, création cinématographique conçue dans un contexte de résurgence du fascisme en Italie. Un entre-deux ; Les Damnés et Salo ou les 120 Journées de Sodome, esquissant un deuil artificieux du nazisme qui déambule par des détours de procès-thérapies que tentent certains ex-nazis désireux de rester dans l?ombre et d?éviter des poursuites judiciaires. L?amnésie du passé est le refrain du Portier de Nuit. Le spectateur chancèle entre répulsion et fascination qui dérivent d?un équivoque latent injecté dans un écran marqué par une esthétique façonnée de contrastes. La relation sadomasochiste des deux personnages est créatrice de sensualité voluptueuse et d?un romantisme noir et en même temps l?architecte d?un trouble éclos d?une balance entre violence de la relation et amour apparemment véritable, sincère. Les frontières entre le mal et le bien ne sont plus dicibles dans la fenêtre du visible jusqu?à ce que certains puissent évoquer un certain révisionnisme : innocence des victimes ? Mais n?est ce pas là le besoin nécessaire de recherche des nuances de l?histoire ? On parlera alors d?histoire(s). Il y a une esthétisation du nazisme qui se confond avec l?idéalisation du passé faite par le portier de nuit. Mais le nazisme se fonde sur une érotisation et une théâtralisation du pouvoir.
  • [Film] Les Noces Funèbres
    L?histoire des Noces Funèbres est une histoire de romantisme macabre, inspirée du folklore russe du XIXe siècle. Il s?agit de prime abord d?un trio amoureux et le dénouement ne peut qu?impliquer la souffrance d?au moins l?un d?eux. Pourtant aucun des trois n?est véritablement méchant, ce sont plutôt des victimes. Il est d?ailleurs difficile de choisir entre la vivante ou la morte. Plus aisé est le choix entre le monde des vivants et le monde des morts. En haut, les vivants évoluent de façon morose dans un monde gris, sinistre et aseptisé et contraste considérablement avec ce qui ce passe en bas. En bas, c?est la fête. On bascule dans un monde coloré, dynamique et désinvolte où tout semble permis. En bas le temps s?est arrêté et avec lui toutes les restrictions que l?on s?impose chez les vivants. Le message pourrait être : s?ennuyer chez les vivants ou s?éclater chez les morts. En bas : on est amis et il fait bon « vivre » ; en haut, tout n?est que calcul et froideur (voir les Van Dort, les Everglot et Lord Barkis) Le tout est comme toujours magnifiquement illustré par un Tim Burton dont l?esthétique et l?humour noir correspondent à la perfection à l?histoire. Film d?animation en ?stop-motion? tout comme , la technique est cependant plus évoluée, conservant cet aspect tactile tout en étant plus fluide et moins saccadé que ne l?est . Et puis bien sûr le doublage. Johnny Depp donne vie à Victor et souligne la gentille maladresse du personnage (à noter un joli effort pour un accent plus british!). Helena Bohnam-Carter incarne à merveille cette mariée à la fois déterminée et désespérée. Victoria est quant à elle doublée pas Emily Watson, entre romantisme naïf et désillusions. A noter également les voix de Chritopher Lee, Richard E. Grant, Tracey Ullman, Albert Finney et Danny Elfman !
  • [Film] L'arnaque
    Le film d?arnaque par excellence dont on retrouve les influences dans bon nombre de films du genre (« heist movies »). Le scénario est inspiré du livre de David Maurer relatant les arnaques des frères Fred et Charley Gondorff. George Roy Hill y redirige son Butch Cassidy et le Kid de Sundance, respectivement Paul Newman et Robert Redford, ainsi que George Shaw. Le film connu un succès certain à sa sortie (1973) et totalisa près de 160 M$. Avec le succès, ce sont également les récompenses qui se sont enchaînées, pas moins de 7 oscars dont meilleurs film, réalisateur, musique et décor, ainsi que le prix de la guilde des réalisateurs pour George Roy Hill. Le film se découpe en 7 chapitres très joliment illustrés par des planchettes vintages. Le film nous replonge avec aisance dans le Chicago des années 30. Tout y est, le décor, les costumes ainsi que la musique. Le titre The Entertainer de Scott Joplin (si si, souvenez-vous, la pub Félix !), thème phare du ragtime, connaîtra une nouvelle jeunesse grâce au film. Les acteurs sont magistraux et les interprétations justes et solides. Paul Newman en vieux routard, mène sa barque de manière sûre et réfléchie face à un Robert Redford plus impétueux et impulsif. Ils sont beaux, charismatiques et savent plaire. Outre Newman et Redford, Robert Shaw est tout simplement épatant. Homme d?affaire vindicatif, colérique et malhonnête qui prend ce qui lui plaît quand ça lui plaît. Des seconds rôles un peu effacés mais au combien efficaces. Le quatrième pilier du film n?est autre que l?arnaque elle-même. On y croît jusqu?à la fin ! Tout est calculé et impeccablement exécuté. George Roy Hill signe ici une petite merveille, plaisante et rafraîchissante. A découvrir pour certains, redécouvrir pour d'autres!

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