Le Blog de Patrick FORT : Lire, écrire et en parler
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- DECOUVERTE (II) : Thierry BENQUEY
DECOUVERTES (II) THIERRY BENQUEY « Un écrivain en formation dans un monde en déliquescence » . Ainsi se présente-t-il. Je suis d?accord avec lui sur un point. Le monde dans lequel nous évoluons fuit de tous les côtés, l?individualisme est en train peut-être de supplanter l?entraide, la solidarité, le partage au nom d?une mondialisation où les plus faibles sont abandonnés au bord du chemin pour ne pas ralentir le progrès en marche. Par contre, je ne partage pas son avis quand il se définit comme « un écrivain en formation » car écrivain affirmé, il l?est depuis très longtemps. Le partage coule dans ses veines, le passionné d?écriture qu?il est prend toujours le temps de vous lire, de vous encourager, de critiquer avec diplomatie, à traquer les erreurs qu?il voit et vous dit son enthousiasme quand il apprécie. Il n?hésite pas à vous aider, à mettre en avant les autres, à être là quand vous en avez besoin. Non, ce monde ne sombrera pas dans la déliquescence tant que des écrivains de sa trempe continueront à en dénoncer les travers, tant que ses textes qu?il vous offre vous le diront et vous l?enverront en pleine gueule. Thierry vous ouvre les yeux, vous bouscule, crie sa rage, avec une écriture toujours flamboyante et des phrases qui sonnent vraies et deviennent évidentes à leur lecture. Il dit le monde et j?aime ce qu?il en dit. Lisez « Guernica-Lumo », « Prise de tête », « Quelque part au moyen-orient », « South West Township », « Augustin Trebuchon », « Soso », « Namu », « The chief », "La mort". Plongez dans ces poésies et vous saurez ce que la poésie dit lorsqu'on la maitrise. Et vous prendrez des claques à chaque phrase que vous lirez, serez submergés par cette émotion retenue, émerveillés par cette faculté qu?il a de toujours vous émouvoir avec force et justesse. Avec intelligence, il vous amène à réfléchir, vous donne des clés pour décrypter ce « monde en déliquescence ». Le premier texte que j?ai lu de lui était « Déchirures ». Une fois terminé, je n?ai pas pu parler pendant de longues heures, bouleversé devant cette souffrance, pudique et pleine de fulgurances, cette écriture si juste qui vous parle et que je découvrais. Thierry est un conteur né, à l?imagination féconde, amoureux des mots et il vous communique cette passion avec élégance, ferveur et quand vous le lisez, vous avez l?impression de le connaître, de l?avoir déjà croisé tellement vous vous sentez proche de lui, tellement il vous est familier. « Le rocher » est un conte formidable, « Au delà des couleurs » parle à chacun d?entre nous et vous éprouvez cette nostalgie d?enfance, vous pleurez d?être devenu un adulte si égoïste, si minable et vous vendriez votre âme pour redevenir un enfant. Ne serait-ce qu?un jour. Dans « Anti-quoi ? », il dépoussière le polar avec une ironie mordante et un humour revigorant ; « La mort est abolie? » m?a donné à nouveau goût à la science-fiction ; « Vous avez dit Messie ? » m?a fait hurlé de rire et il pourfend la connerie humaine comme je l'ai rarement lu. Quand vous lisez Thierry Benquey, vous devenez plus intelligent, plus humain, meilleur et votre regard sur le monde change. La différence entre un écrivaillon laborieux et un vrai écrivain est là. Tout simplement. - Découvertes (I) - 1ère partie
DECOUVERTES (I) - 1ère partie - Je voulais vous proposer cet article depuis longtemps et je n'ai jamais pris le temps de le faire. "Qu'est-ce ? "me demanderez-vous, à l'annonce de cette énigmatique phrase. "Vous inciter à lire, à découvrir, les beaux textes que j'ai eus la chance de lire sur Myspace et sur Overblog," vous répondrai-je. Suivez mes conseils et rendez visite à ces passionné(e)s de l'écriture, classé(e)s par ordre alphabétique. Ce premier volet de "Découvertes" inaugure une nouvelle catégorie qui a de beaux jours devant elle... L'accés aux pages de certaines et certains est privé alors n'hésitez pas à frapper à leur porte. Bonnes lectures... ALAINPrintemps kabyleComprendre le drame du Darfour THIERRY BENQUEY The Chief Guernica-Lumo BLAS Mi abuelo Lettre à mon frère CHRISTIAN BOYER "Le Môme" "Pour la Route" CARRO.HORRAS La guerre De l'autre côté DREAMLITA Le manque Mort des mots ELEONORE La cérémonie du Wesak Le solstice d'hiver ELFESAFIR A Claude Mes belle Pyrénées EMMANUELLE GRANGE Beslan La nuit LAURENT Vous savez que je tiens à vous Poussières d'étoiles LUBESAC Je vous attends toujours La fille à l'eau (2ème partie ) - Découvertes (I) - 2ème partie
DECOUVERTES (I) - 2ème partie - Je voulais vous le proposer depuis longtemps et je n'ai jamais pris le temps de le faire. "Qu'est-ce ? "me demanderez-vous, à l'annonce de cette énigmatique phrase. "Vous inciter à lire, à découvrir, les beaux textes que j'ai eus la chance de lire sur Myspace et sur Overblog" vous répondrai-je. Suivez mes conseils et rendez visite à ces passionné(e)s de l'écriture, classé(e)s par ordre alphabétique. Ce premier volet de "Découvertes" inaugure une nouvelle catégorie qui a de beaux jours devant elle... L'accés aux pages de certaines et certains est privé alors n'hésitez pas à frapper à leur porte. Bonnes lectures... PETITE MARIE A toutes les âmes enfants perdus Chère petite soeur HERVE PIZON "Les enfants aux chevaux dorés" "Je vous parle" SAMTARA Tout Pépites SKAROD Le manège -1ère partie Le manège - 2ème partie Trois SOLEIL DE BROUSSE 136 Au jardin des Tuileries SOPHIE Etude du vide Le temps perdure MARIE-CHRISTINE "La lettre" Un programme de vie MELIRIELLE Désir de l'ange La naissance de Ange, la fée blanche URUCUM C'est de l'amour ? Le linge YANNICK La ronde la chance Baisse la tête, t'auras l'air d'un coureur ZIGZAGSes pertinentes chroniques cinématographiques Découvertes - Pourquoi écrire ?: citations
"POURQUOI ECRIRE ?...CITATIONS..." Citations d'écrivains sur le pourquoi de l'écriture ; réponses pour essayer d'expliquer ce qui n'est pas si inexplicable que çà au bout du compte ; vérités qui deviennent si évidentes lorsqu'on les lit : j'ai regroupé ici le fruit de mes lectures. Je vous invite à les commenter , à réagir, à rebondir. Et si vous en connaissez d'autres, n'hésitez pas à me les envoyer. Elles se rajouteront à celles qui suivent : « J?écris pour la même raison que je respire, parce que si je ne le faisais pas, je mourrais. » Isaac ASIMOV « Ce qui m'oblige d'écrire, j'imagine, est la crainte de devenir fou. » Georges BATAILLE « Bon qu?à ça. » Samuel BECKETT « On écrit pour changer son existence. Et on ne peut changer son existence qu?en essayant de changer celle des autres. Reste à savoir si le roman est un bon instrument pour y parvenir. » Michel BUTOR « Ecrire, ce n'est pas vivre. C'est peut-être survivre. » Blaise CENDRARS « Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne. » Colette « Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit. » Marguerite DURAS «Pour moi, être écrivain, c?est découvrir patiemment, au fil des années, la seconde personne qui vit en nous, et un monde qui secrète notre seconde vie (?)». Julien GRACQ « Pourquoi écrivez-vous ? Demande-t-on souvent à l'écrivain. Vous devriez le savoir, pourrait répondre l'écrivain à ceux qui posent la question. Vous devriez le savoir puisque vous nous lisez, car si vous nous lisez et si vous continuez de nous lire, c'est que vous avez trouvé de qui lire, quelque chose comme une nourriture, quelque chose qui répond à votre besoin... Si je suis écrivain, pourquoi êtes-vous mon lecteur ? C'est en vous-même que vous trouvez la réponse à la question que vous me posez ». Eugène IONESCO « Ne serait-ce qu'une ridicule illusion, on est persuadé d?écrire parce qu?on a à dire ce que personne n?a dit. » Milan KUNDERA « Je crois qu'on écrit parce qu?on ne sait rien faire d?autre. » Patrick MODIANO « Ecrire, c'est une façon de parler sans être interrompu. » Jules RENARD « Ecrire : la seule façon d'émouvoir autrui sans être gêné par un visage. » Jean ROSTAND « Ecrire, c'est lire en soi pour écrire en l'autre. » Robert SABATIER « Pour mieux vivre ». SAINT- JOHN PERSE « J'écris pour pouvoir lire ce que je ne savais pas que j'allais écrire. » Claude ROY "J?écris parce que j? ai dès mon enfance éprouvé le besoin de m?exprimer et que je ressens un malaise quand je ne le fais pas. » Georges SIMENON « Composer des phrases qui suggèrent beaucoup plus qu'elles ne disent, qui soient évocatrices, qui ne décrivent pas simplement une impression connue, mais en produisent une nouvelle, des phrases aussi suggestives et durables qu'un aqueduc romain : ciseler de telles phrases, voilà l'art d'écrire. » Henry David THOREAU - JE SAIS QUE TU TE MEFIES DES REVES (20 janvier 1831)
Premier des trois volets de "Je sais que tu te méfies des rêves". Je ne sais dans quelle catégorie classer ce texte : Mélange de nouvelle, de récit, de portraît consacré aux romantiques allemands à travers l'un des plus énigmatiques et des plus fascinants d'entre eux : ACHIM VON ARNIM. A venir : II. BETTINA VON ARNIM III. WILHELM GRIMM JE SAIS QUE TU TE MEFIES DES RÊVES « Pourquoi faire parler de moi ? Le monde n?aime pas m?entendre? Mes ?uvres ressemblent au royaume des cieux en ceci que peu de gens souhaitent y pénétrer.» Achim Von Arnim à Clemens Brentano Château de Wiepersdorf ? 20 janvier 1831 I. ACHIM VON ARNIM Je suis harassé par la journée que je viens de passer à arpenter les hectares de mon domaine de Wiepersdorf. Je suis soucieux du bien-être des paysans qui entretiennent mes terres, les font fructifier et leur labeur est pour moi une préoccupation de tous les instants. J?écoute avec attention les remarquables judicieuses des plus anciens et je n?entreprends rien sans leur aval. Administrer mes terres est un travail de longue haleine que je réussis à force d?abnégation. Réparer les clôtures, acheter les semences, surveiller les récoltes, choisir quelles terres labourer, sélectionner les vaches laitières qui donneront le meilleur rendement?Toutes ces activités remplissent mes journées et les dettes accumulées les rendent encore plus difficiles. J?aime parcourir et dévorer la nature environnante jusqu?à l?épuisement, la respirer et m?enivrer de ces milles odeurs. Après avoir traversé les bois, les ruisseaux, les chemins, je me sens apaisé et j?oublie ce qui peut l?être. La marche et les escapades à cheval préparent mon esprit aux travaux d?écriture auxquels je consacre mes nuits, dans ma chambre, à la lueur des chandeliers. Les êtres et les créatures dont je peuple mes contes, tous ces récits que mon imagination tisse dans des circonvolutions qui échappent parfois à ma raison, découlent de cet éreintement voulu et salutaire. Il trouve son aboutissement sur ces feuillets blancs que je noircis dans la solitude et le silence. J?épuise mon corps pour libérer mon esprit. L?écriture participe à la ligne de vie austère que je me suis fixée depuis près de vingt ans. Maîtresse exigeante, elle s?accommode mal des contraintes matérielles qu?il me faut assumer pour subvenir aux besoins ma famille. Elle exige une attention de tous les instants et se nourrit de mon opiniâtreté à poursuivre ce sillon que je trace, jour après jour dans le calme environnant de la campagne berlinoise. Je ne suis sûr de rien. Le doute est une force que j?ai apprivoisée et dont j?essaie de tirer le meilleur parti. L?écriture n?est qu?incertitudes, interrogations et ces contrées que j?explore ne m?ont pas encore révélé tous leurs secrets. Je repousse les limites du rêve pour tenter de déchiffrer la réalité. Mais je sais que le langage est vain pour en percer tous les mystères. J?écris jusqu?à l?aliénation et je reste parfois hagard à me relire, comme si ce que j?écrivais m?était étranger, comme si ces mots étaient d?un autre. Les expérimentations verbales auxquelles je me livre jaillissent et ne souffrent d?être contenues. Assis dans ce fauteuil capitonné, je fixe les fagots de bois mort qui flambent dans l?âtre de la cheminée. J?aime regarder les flammes qui virevoltent et écouter les crépitements résonner dans cette pièce aux murs épais. Je m?abandonne à ce spectacle simple et fascinant. Parfois, je crois discerner des visages, des formes qui me ramènent à des êtres que j?ai connus, à des paysages que j?ai vus. La chaleur gagne lentement tout mon corps et m?enveloppe de son aura bienfaisante. Je songe à Bettina et à mes enfants. Ils vivent à Berlin et je ne peux me résoudre à les y rejoindre définitivement. Il me faudrait laisser ce domaine et mes travaux d?écriture qui rythment ma vie avec cette précision de métronome. Bettina s?ennuie ici et n?y vient que pour des brefs séjours, désireuses de se reposer. Mais surtout, l?agitation et la poussière des villes me lassent depuis longtemps. Je préfère me tenir éloigné d?elles. J?ai trop fréquenté les salons littéraires et j?ai parcouru dans ma jeunesse les plus grandes capitales européennes jusqu?à l?éreintement. Je suis fatigué de ces bavardages dégoulinant de convenances et de ces contraintes de tous les instants que les autres m?imposent et auxquelles je n?ai plus envie de me plier. Je n?en amoindris pas pour autant le brassage d?idées qui en surgissait, comme dans la belle ville d?Heildelberg dont les ruines du château fort surplombent le Neckar. La vision que nous avions alors de la littérature s?exposait de la plus brillante des manières, s?enrichissant de nos réflexions communes et souvent jusqu?à une heure avancée, nous prolongions ces discussions dans les tavernes enfumées. Nous élaborions des théories pour nous affranchir des carcans étroits de la raison, pour libérer la parole et atteindre ainsi l?essence même des êtres. Clemens possédait cette aisance verbale que je n?ai jamais eue et s?attirait toujours tous les regards, captivant l?attention par ses démonstrations enflammées. A lui la lumière, à moi l?ombre. Sans Heildelberg, sans les frères Grimm et Ludwig Tiek, sans le regretté Heinrich Von Kleist, « Le Cor enchanté » n?aurait pas vu le jour et les contes et légendes de ma chère patrie auraient été oubliés. Ces années radieuses auxquelles je songe avec nostalgie m?ont modelé, ouvert mon esprit et je me suis défait de ce costume étriqué d?aristocrate prussien dans lequel j?étais engoncé. J?ai appris à voir au delà de moi-même, j?ai entendu l?appel démoniaque et enchanteur de la poésie pour découvrir que je n?aspirais plus qu?à écrire pour dire le monde. Je ne suis bien qu?ici, à Wiepersdorf, même si un sentiment de culpabilité me taraude lorsque je songe à mes enfants que je vois peu et à Bettina qui assume seule leur éducation. Pourtant, je suis intimement persuadé que mes décisions sont justes. En dépit de mon égoïsme ; de cette obstination qui me laisse à penser que je joue ma vie chaque fois que j?écris ; de ma folie peut-être. J?ai peur de ne pas arriver à exprimer tout ce que je veux dire, d?être rattrapé par le temps et de ne pas aller au bout de l??uvre que je construis. Je dois me ménager. Bettina me le rappelle sans cesse. Mon corps s?affaiblit de jour en jour. Je sens que les forces m?abandonnent et je suis fatigué. Mon esprit n?est plus aussi vif et je peine à écrire. Et cette idée entêtante que « je ne suis pas chez moi dans le monde ». Pour la chasser, je m?échine à voir au delà des miroirs et à révéler les mystères qui se dérobent au commun des mortels. Mon ?uvre ne résistera peut-être pas au temps, la cinquantaine d?ouvrages que j?ai écrits ne sera assurément pas lue et mes enfants ne se souviendront pas d?un père qu?ils n?auront guère connu. Mais ce n?est pas moi qui décide. Une force me pousse à écrire. Toujours et encore. II. BETTINA VON ARNIM - "Je sais que tu te méfies des rêves" (22 janvier 1831)
"Je sais que tu te méfies des rêves" II. BETTINA VON ARNIM Entre Berlin et le château de Wiepersdorf ? 22 janvier 1831 Achim est mort. D?une attaque d?apoplexie nerveuse. A presque cinquante ans. Celui qui était mon mari n?est plus. Je n?arrive pas à me le représenter mort, seul et étendu sur son lit. Des chandeliers massifs doivent diffuser une lumière morne dans la chambre dont les rideaux ont été tirés. Je me refuse à accepter cette cruelle évidence. Je navigue entre ce désespoir profond dans lequel je voudrais m?abandonner et cette maîtrise de moi que je me dois d?afficher devant mes enfants. Penser à la froideur de son corps m?est une chose insupportable et je chasse ces sombres pensées qui m?assaillent, reviennent à la charge inlassablement, en égrenant ce chapelet de souvenirs qui atténuent passagèrement ma douleur. Me replonger dans le passé n?effacera pas la réalité nue de l?instant présent mais me préparera à cette épreuve, à ces jours terrifiants qui m?attendent désormais. Clemens, mon frère adoré, m?avait présenté pour la première fois son ami à Offenbach, un jour de 1802. Je me souviens avec une précision étourdissante de cette première rencontre sur les bords du Main. Dans ses nombreuses lettres, Clemens ne tarissait pas d?éloges sur cet ami qu?il avait rencontré à l?université de Göttingen et j?avais hâte de découvrir ce compagnon de voyage avec lequel il venait de descendre le Rhin. Ils avaient entrepris de rassembler toutes les légendes et contes populaires, pour « recueillir les plus belles fleurs de l?esprit allemand ». L?immense Goethe en personne avait promis de préfacer l?ouvrage qu?ils souhaitaient publier. Je les accompagnai jusqu?à Mayence. Sur le bateau, j?observai avec attention celui qui, et je ne la savais pas encore, deviendrait dix ans plus tard mon mari. Je lui trouvai « un aspect négligé : il portait une redingote trop grande, la couture de la manche était décousue?et il était affublé d?une casquette dont dépassait la doublure, à moitié déchirée ». Sa réserve naturelle et sa froideur apparente m?attiraient. A l?opposé de mon caractère enthousiaste et de cette propension à l?effusion que je tiens de mes aïeux italiens. Je sondais son âme que je devinais tourmentée derrière ce masque imperturbable et ce calme dont il ne se départissait jamais. Puis je ne l?avais plus revu jusqu?à ce jour où s?en prévenir il s?était présenté, muni d?une lettre de recommandation rédigée par Clemens, au couvent de Francfort dans lequel mon père m?avait placé pour y recevoir une éducation digne de mon rang. Avec Karoline, nous l?avions trouvé royal au cours de la promenade vespérale qu?il nous avait proposée. Surpris par un orage, nous nous étions réfugiés dans l?Église Saint Paul et la proximité de « sa merveilleuse jeunesse m?avait alors électrisé ». Avant de nous séparer, j?étais parvenue à lui dérober un gant et ce souvenir me permit d?adoucir les affres de son absence. Nous continuâmes à nous aimer à distance, nos existences ponctuées d?épisodes amoureux sans conséquence pour l?attachement que nous éprouvions l?un pour l?autre, nous voyant peu mais pressentant au fonds de nous que le destin nous attacherait un jour l?un à l?autre. Ce fut le suicide de mon amie, de ma s?ur, de ma tendre et chère Karoline qui nous rapprocha définitivement. Drapée de rouge, elle s?était poignardée en plein c?ur au bord du Rhin près de Winckel, ce funeste 26 juillet 1806. Clemens et Achim m?avaient rejoint, bouleversés par ce tragique événement. Achim m?avait alors parlé d?un camarade studieux qui, à dix-sept ans, avait mis fin à ses jours pour des résultats scolaires médiocres. Le spectre de cette mort hantait chacun de ses jours. Lui, si réservé, s?était épanché, m?avait livré des confidences trop longtemps retenues, partageant ses interrogations, ses doutes, ses souffrances avec moi. Ce jour-là, j?eus la certitude que ma vie serait désormais inconcevable sans lui, si différent de moi et pourtant si proche. L?existence nous a déchiré mais je n?ai jamais cessé de l?aimer au cours de ces vingt années. Les accalmies succédaient toujours aux tempêtes et aux violents orages. Je n?étais pas faite pour la vie morne et ennuyeuse qu?il me proposait à Wiepersdorf, préférant la vie citadine ; lui entendait se consacrer à l?écriture, loin du monde. Je privilégiais une éducation permissive pour nos enfants car j?ai toujours pensé qu?il vaut mieux « faire une bêtise avec mon fils ou ma fille plutôt que de la lui interdire ». Lui, qui n?était jamais là, même pour la fête de Noël, me reprochait mon manque d?autorité et leur « négligence, leur désordre et leur manque de propreté ». Pour autant, je n?ai jamais songé à lui reprocher ce que beaucoup auraient qualifié d?égoïsme. J?ai toujours cru en lui et étais fière de son art. Je m?attacherai désormais à défendre son ?uvre et à démontrer avec éclats, au reste du monde, le génie qu?il était. « Je sais que tu te méfies des rêves » lui écrivais-je un jour après lui avoir narré avec moult détails celui que je venais de faire. « La vie est dans le rêve » m?avait-il répondu. Nous nous approchons du château. Je tire le rideau de la fenêtre de la diligence qui me conduit auprès de la dépouille d?Achim. Le temps est semblable à celui du jour de notre mariage : « un temps effrayant, tour à tour la neige, la pluie et la glace ». Mes enfants sanglotent en silence. Seul Freidmund, dont la ressemblance avec Achim est stupéfiante, présente un masque fermé, imperturbable. Je communie par la pensée avec mon défunt époux. Dans quelques minutes, je vais le retrouver. Achim n?est pas mort. Par moi, il va continuer à vivre. - Mode d'emploi et sommaire
J'ai voulu ce site le plus clair possible. Je ne veux surtout pas que vous perdiez votre temps... Quand je visite un site et que je n'arrive pas à m'y retrouver, je suis agacé. Alors je me dis que pour vous il en est de même. Le menu "SOMMAIRE", à la droite des articles, vous permettra de naviguer facilement sur ce site. Vous retrouverez également au fil des pages deux bannières : La première vous permet d'accéder au "Plan du site" (tiens donc !) ; en cliquant sur la deuxième vous reviendrez sur la présente page. Ainsi, votre visite se déroulera dans des conditions idéales, vous ne vous perdrez pas et ne passerez pas votre temps à retrouver votre chemin. C'est le moins que je puisse faire... Ce site s'articule autour de 2 catégories : La première regroupe l'ensemble de mes NOUVELLES et la deuxième s'intitule NOURRITURES SPIRITUELLES. En cliquant sur les en-têtes, vous accéderez directement aux sommaires de ces rubriques. Vous voyez, ce n'est pas bien compliqué... I. NOUVELLES 1. LES AVENTURES DE JACQUES GILBERT Jacques Gilbert habite à Pau et vit du Rmi. Féru de littérature, il s'est forgé sa propre vision du monde, loin du "politiquement correct". Il a un don rare : se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment... Pour l'instant, cinq "histoires" qu'il est conseillé de lire dans l'ordre, sont proposées sur ce site. 2. AUTRES NOUVELLES ET AUTRES TEXTES Des nouvelles aux thèmes divers comme la guerre d'Espagne, la mémoire, la vieillesse, le temps qui passe, les bonheurs simples de la vie, mon village, mes racines... II. NOURRITURES SPIRITUELLES 1. SUR LES RAYONS DE MA BIBLIOTHEQUE Vous faire découvrir ou redécouvrir des auteurs, des romans que j'aime et les partager avec vous. 2. POURQUOI ECRIRE ? Quelques considérations et quelques réflexions sur ce qui me pousse et nous pousse à écrire. Une catégorie nourrie de mon expérience récente d'apprenti-écrivain. 3. PAYSAGE MENTAL Les paysages et la nature modèlent ce que nous sommes. Photos des lieux qui composent mon paysage mental, nourrissent mon écriture et présentées en toute modestie (je n'ai pas l'ambition d'être photographe...). 4. ECOUTER, VOIR Un peu de tout. De la musique surtout. Des documents glanés sur Internet. Elle s'enrichira au jour le jour. - "Le misanthrope" de MOLIERE
« Le Misanthrope » de Molière J?imagine vos mines renfrognées et le bâillement poli que vous dissimulez à la simple évocation de ce cher Jean-Baptiste Poquelin. Discours maintes fois entendus, ressassés?(et mal digérés), vous direz vous peut-être? Molière est malheureusement associé pour certaines et certains à des souvenirs scolaires ennuyeux, à ces lectures imposées et oubliées une fois l?année écoulée. Racine, Corneille, Molière?tous ces noms ont des relents de classicisme avarié et sont cantonnés sur les étagères poussiéreuses des bibliothèques. Et pourtant? Beaucoup gagneraient à relire « L?école des femmes » ou « Phèdre » plutôt que de perdre leur temps à consommer les best-sellers qu?il faut avoir lus sous peine de retard mental avéré. Le 4 juin 1666, pour la première fois, Molière interprète le rôle d?Alceste dans « Le misanthrope », au théâtre du Palais Royal. 342 ans après, cette pièce extraordinaire, à l?ambiguïté si fascinante, est toujours actuelle par la problématique qu?elle pose : comment être soi en société, sans se trahir et sans tromper les autres. « Le Misanthrope ou l?atrabilaire amoureux » a été écrit par Molière en pleine affaire « Tartuffe » et les démêlés publics violents qui ont suivi. La cabale qu?il a subie, la ranc?ur, l?abattement sous-tendent l?intrigue et transparaissent dans chacun des vers. Ses problèmes de santé ajoutés à l?amour orageux entre lui et Armande Béjart participent à la gravité du ton de la pièce. Comment résumer le sujet du « Misanthrope » en quelques phrases ? Alceste est amoureux de Célimène. Lui qui prêche la sincérité absolue, contrairement à son ami Philinte plus tempéré mais surtout ambigu, lui, pourfendeur de l?hypocrisie, aime la courtisane assoiffée de mondanités et d?artifices. On ne fait pas mieux comme couple mal assorti. Pendant 5 actes, il tentera de connaître l?authenticité de ses sentiments à elle et se heurtera à des murs d?incompréhension. Des personnages gravitent autour de lui, se flattent, se déchirent et essaient de communiquer entre eux : Arsinoé, une fausse ou vrai ( ?) prude au monde intérieur dévasté ; Eliante, cousine de Célimène éprise d?Alceste (mais celui-ci ne s?en rend pas compte) ; Acaste et Clitandre, marquis-courtisans qui rivalisent d?inventivité et de fatuité pour séduire Célimène ; Oronte, type même du noble se croyant poète mais se découvrant surtout creux. Dressant un portait au vitriol de la société de salon, Molière inscrit sa pièce dans le registre de la comédie de m?urs et de caractère, s?interrogeant sur la complexité des rapports humains et posant un regard critique sur l?homme comme être social. Les failles et les déchirures tues se devinent derrière les mots. Les souffrances sont dissimulées, jamais avouées car dangereuses et pouvant fragiliser dans un monde où règne l?apparence. Paradoxe : fuyant ses semblables, Alceste ne peut vivre sans eux et lui qui prétend que « L?ami du genre humain n?est point du tout [son] fait », n?est jamais seul sur scène. « Le misanthrope » est une pièce toute en ambiguïté, pétrie de contradictions, qui se joue dans un lieu-clos mais en mouvements incessants, aux jeux de miroirs perpétuels qui fragilisent et craquèlent le vernis des masques. Plusieurs lectures ont été faites de cette pièce, sous des angles de vue multiples (romantique, psychanalytique, marxiste, etc.) et parfois farfelues? La richesse du « Misanthrope » est qu?elle est d?une modernité incroyable car elle s?adresse à chacun d?entre nous par les interrogations qu?elles soulèvent et auxquelles elle ne répond pas. Dans toutes ses pièces, derrière la noirceur du rire, Molière nous renvoie à ce que nous sommes, nos petitesses, nos travers, nos idéaux, notre soif d?absolu, nos peurs? Et ce qu?il a écrit au 17ème siècle est toujours aussi actuel aujourd?hui. Dans le fonds, rien n?a changé. - PAYSAGE MENTAL
PAYSAGE MENTAL Je suis ce que vous voyez (I) Je suis ce que vous voyez (II) Je suis ce que vous voyez (III) Je suis ce que vous voyez (IV-1ère partie) Je suis ce que vous voyez (IV-2ème partie) REMINISCENCE
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Catégorie : Enseignement et formation : Enseignement élémentaire
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Poèmes des écrivains du Net. Ces écrivains vous déposent leurs poèmes avec émotions. Dans le coeur de chacun l'amour de l'écriture et des poèmes est présent. Vous pourrez lire et écrire des poèmes.
Catégorie : Littérature : Poésie
http://www.poeme-quebec.com/
Outils référencement
Voici quelques outils conçus pour vous aider à analyser le référencement du site http://www.patdebigorre.com/
Google et DMOZ :
Informations Alexa (plus d'infos) :
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- Cliquez ici pour lire des explications sur ces chiffres (en anglais)
Analyse de la page :
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W3C :
Déclaration Opquast
Si ce site est déclaré au sein du projet MonOpquast (analyse de la qualité des sites web), une image apparaît ci-dessous avec le score obtenu (+ d'infos ici)
Autres outils :
- Yet Another GOOgle Rank Test : analyse du référencement dans Google
- URLinfo : une foule d'outils comme celui-ci regroupé en un seul endroit, un must !
- tester la présence dans les moteurs et annuaires
- Fichier robots.txt : validation
- TouchGraph Google Browser (montre le réseau de sites similaires)
- WebRank Yahoo!
- recherche de plagiats
Autres analyses possibles sur Web Rank Info :
- analyse complète des backlinks
- analyse du positionnement
- calcul d'indice de densité
- aide à l'échange de liens
Crédits vignettes : Robothumb
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