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Dernières nouveautés du site Les ressources naturelles enfin à la portée des investisseurs individuels :
- Métaux rares : Rhénium, gallium, germanium, lithium ,cobalt, tantale, titane... (II)
Suite de notre long exposé sur les métaux rares. Ils sont de plus en plus demandés, stratégiques et rares. Quant aux perspectives, voyez plutôt... Des métaux "verts" qui vont avoir le vent ne poupeUn trait commun des différents métaux high tech est leur participation à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nous vous avons assez parlé des platinoïdes (platine, palladium, rhodium, ruthénium...) sans qui les pots d'échappements catalytiques n'existeraient tout simplement pas. Les raffineries pétrochimiques ont également un besoin vital de ces excellents catalyseurs. Mais ce n'est pas tout ! L'éclairage de nouvelle génération par diodes électroluminescentes -- les fameuses LED -- ne se conçoit pas sans gallium. Non seulement la qualité de la lumière produite par les diodes se rapproche de celle de la lumière blanche, mais une LED consomme moitié moins d'énergie qu'une ampoule à incandescence... Notre spécialiste du BRGM attend cette rupture technologique pour 2010. Christian Hocquard note que la technologie thin film alliant cuivre, indium, gallium et sélénium permettra de porter le rendement énergétique des panneaux solaires jusqu'à 40%. Contre un peu plus de 30% pour ceux de la génération 2005. Le stockage d'énergie induit par les voitures électriques n'est pas sans conséquence pour les batteries et les métaux qui sont dedans comme le cobalt, qui taquine son record de 1978 en s'échangeant aux environs de 50 $ la livre. La raison ? "Les batteries lithium-ion sont en réalité des batteries lithium-cobalt-ion", indique notre spécialiste, et la Chine en demande de grandes quantités. Enfin, les superalliages utilisés par les turbines aéronautiques et énergétiques consomment du rhodium et du ruthénium qui permettent de monter en température : en améliorant la combustion, ces métaux rares limitent les émissions de CO2. Non sans malice, Christian Hocquard note que les systèmes de vision de nuit infrarouge, si appréciés des militaires, ont besoin de germanium. Une autre manière de donner dans le vert -- tendance kaki -- pour ce métal rare qui est aussi utilisé dans l'imagerie médicale. Mais aussi des métaux énergético-stratégiques...En 2007, le National Research Council américain a identifié 11 métaux rares comme critiques pour l'économie et la sécurité des Etats-Unis. Premiers sur les rangs : l'indium, les platinoïdes, les terres rares et le niobium, un métal utilisé dans les superalliages d'acier. Pour quelles raisons ? "Etre en pointe sur les matériaux avancés est un avantage compétitif décisif pour maintenir l'avance technologique des pays développés. Ces matériaux utilisent en priorité de petits métaux high tech. Leur importance stratégique vient du fait qu'ils sont associés à l'énergie, à travers les nouvelles énergies, la diminution des consommations et la réduction des émissions", explique Christian Hocquard. Des métaux critiques car ultra-concentrés géographiquement !"Ces métaux high tech à finalité écologique sont en fait doublement "critiques" : d'une part pour nos approvisionnements et d'autre part pour le risque que ferait peser leur pénurie pour l'économie de nos industries high tech", ajoute-t-il. Voilà comment le métal high tech devient critique : 90% du niobium provient du seul Brésil, 90% du béryllium des Etats-Unis, 85% des terres rares, 82% de l'antimoine et 75% du tungstène de Chine, 80% du platine d'Afrique du Sud, 70% du tantale d'Australie, 65% du palladium de Russie, 65% du rhénium des Etats-Unis, 40% du cobalt du Congo-Kinshasa et de Zambie... Selon Christian Hocquard, les industriels utilisent de si faibles quantités de ces métaux -- 2 grammes d'indium dans une télé à écran LCD -- qu'ils ne perçoivent pas le risque qui leur est associé, d'autant qu'ils considèrent que l'essentiel de la valeur ajoutée se concentre sur la conception, l'assemblage et le marketing. Ils délèguent la fabrication des composants à des sous-traitants, qui assument le risque d'approvisionnement. M. Hocquard n'y va pas par quatre chemins : "l'industriel n'a plus aucune perception du risque [que représente le] métal dans ses produits". Les conseils du bon docteur HocquardIl conseille donc aux groupes manufacturiers de diversifier leurs approvisionnements, de passer des contrats d'achat à long terme, de couvrir leur risque par des produits financiers, et de viser à l'intégration verticale, comme ces sidérurgistes russes qui contrôlent leurs propres mines. L'économiste du BRGM n'oublie pas les gouvernements : il plaide pour des stocks stratégiques "intelligents", comme celui sur le rhénium que nous avons évoqué plus haut. Il souhaite également que l'Etat encourage le recyclage, et pousse ses géants économiques à contrôler la production des matières premières qui sont stratégiques pour elles. Il insiste également un autre goulet d'étranglement pour ces métaux : les usines de raffinage de ces minerais dont le traitement métallurgique est complexe. Par exemple, une seule société dispose des installations et du savoir-faire indispensables au traitement du molybdène et du rhénium : la chilienne Molymet. Des menaces : les Chinois et les investisseurs !Sur les métaux rares, les entreprises en position dominante sont fréquentes. Quand ce ne sont pas des Etats : "en raison de capacités de raffinage de métaux de base en forte croissance, la Chine importe de plus en plus de minerais et de concentrés, de sorte que la majorité des petits métaux en sous-produits seront de plus en plus produits en Chine". Actuellement, la Chine se dote d'énormes raffineries de cuivre et de zinc qui lui donne la capacité de traiter massivement les sous-produits qui en découlent. Pour parfaire l'ensemble, la Chine a récemment "instauré des quotas d'exportation sur tous les petits métaux où elle est traditionnellement exportatrice avec une position dominante (terres rares, tungstène, antimoine, bismuth)", précise Christian Hocquard. Menace ultime, selon le BRGM : les investisseurs. "Les ETF sont spéculatifs. En jouant sur des stocks faibles, ils amplifient artificiellement un déséquilibre offre-demande, jusqu'à induire de vraies pénuries", critique Christian Hocquard, qui s'emporte contre le mimétisme des investisseurs qui se positionnent sur les matières premières via des ETF gagés sur des stocks de métal physique. Passe encore pour les "grands" métaux comme l'or ou l'argent. Mais dans le cas des ETF platinoïdes, Christian Hocquard s'interroge : "est-il raisonnable de considérer les petits métaux comme une classe d'actif ?". Bonne question pour les investisseurs et les citoyens que nous sommes...Autres articles sur le même thème : Métaux rares : rhénium, gallium, germanium, lithium, cobalt, tantale, titane... (I) - Peut-être bientôt une opportunité pour se positionner sur le blé (II)
Dans mon dernier Edito, je vous exposais les fondamentaux du marché du blé, à court moyen et long terme. Entrons aujourd'hui dans l'analyse graphique. Je vous donnerai aussi mon opinion sur les perspectives du blé et les opportunités qui en découlent. Que nous dit le graphique ?Le blé affiche une progression fulgurante de 170% entre juin 2007 et février 2008, date à laquelle il a enregistré un record à 13,49 $ le boisseau sur le Cbot à Chicago. Depuis mi-mars, il a entamé une correction et il a depuis perdu 40% sur son cours le plus haut. Regardez... Cours du blé en US cents le boisseau sur le Cbot Et maintenant ?Premier constat : le cours du blé a enfoncé le support des 9,60 $. Maintenant, il peut donc potentiellement descendre jusque vers les 7,50 $, zone dans laquelle il pourrait rebondir. Il est en route vers cette cible : il a franchi vendredi le seuil des 9 $ et il descend déjà jusqu'à 8,45 $. Mais attention. Il faudra alors surveiller de près le seuil des 7 $. Là se situe une montagne d'ordres de ventes automatiques qui, s'ils devaient se déclencher, entraîneraient une avalanche à la baisse sur les cours du blé. Si cela devait se produire, ce serait une opportunité en or massif pour vous positionner sur le marché ! Mais je n'y crois pas vraiment. Cela dit, avec les caprices de la météo, on ne peut jamais être sûr de rien... Mon avis ?1 - A long terme le trend est haussierA long terme, les stocks sont bas, la demande est inélastique de surcroît et ne peut que croître et l'offre devrait rester structurellement insuffisante. L'urbanisation gagne sur les campagnes, la population mondiale augmente inexorablement tout comme son pouvoir d'achat (demande de viande en hausse), et les biocarburants se développent. Sans compter les dégâts occasionnés par le réchauffement climatique et la pollution... Fondamentalement, les choses n'ont aucune raison de s'améliorer significativement dans les années à venir. Le trend ne peut être que haussier à long terme. 2 - A court terme, la consolidation peut se poursuivrePour la saison qui s'ouvre, on peut s'attendre à une hausse de la production si le climat n'est pas trop capricieux. Ce qui devrait lever la pression sur le cours du blé à court/moyen terme. Lorsque le cours du blé a touché les 13,49 $ en février, je vous ai clairement conseillé de vendre le blé, prétextant une bulle. Trois semaines plus tard, elle a éclaté et le cours a depuis reculé de près de 40%. Aujourd'hui, mon avis est totalement inversé. Le potentiel long terme du blé étant clairement haussier, la consolidation actuelle -- qui va probablement se poursuivre quelques temps -- offre une vraie opportunité à ceux qui ne sont pas encore positionnés sur le blé. Par conséquent, surveillez le cours de près pour ne pas manquer cette opportunité de vous positionner. Ne vous positionnez pas tout de suite, soyez patient, je pense que le cours peut encore baisser dans les semaines à venir. Autres articles sur le même thème : Peut-être bientôt une opportunité pour se positionner sur le blé (I) - Divergence entre le cours de l'acier et le cours des aciéristes : une opportunité ? (I)
Pas de doute : la crise du crédit a impacté les valeurs de l'acier, pourtant cycliques. Leurs cours ont souffert ces derniers mois, à l'exception peut-être d'ArcelorMittal, meilleure performance du CAC en 2007. La vitalité du marché de l'acier ne se dément pasPourtant, le marché de l'acier semble bien orienté. D'après une analyse du crédit suisse, la croissance de l'offre d'acier sur les dix derniers mois est en hausse de 5,6%, et la croissance de la demande est bien supérieure encore. La différence est telle que même un ralentissement de la croissance économique ne serait pas suffisant pour réduire significativement la demande d'acier, tant les besoins d'investissements dans les infrastructures des pays émergents sont gigantesques. La demande reste forteLa demande d'acier est en progression de 7% par an depuis 2002. La production mondiale est ainsi passée de 850 millions de tonnes d'acier en 2001 à 1 344 millions de tonnes en 2007. Soit une croissance de près de 60%. Pour vous donner un chiffre concret, en 2007, la planète a consommé près de 200 kg d'acier par personne. Enfin, l'Institut international du fer et de l'acier anticipe pour 2008 une hausse de la demande d'acier de 6,7%. Le marché de l'acier est en pleine effervescence en Amérique latine. Et même si la demande faiblit aux Etats-Unis pour cause de ralentissement économique, la demande reste fortement tirée par les pays d'Asie, Chine, et bientôt Inde, en tête. Car les besoins de l'Inde sont eux aussi faramineux, même si ce pays s'éveille avec un peu de retard par rapport à la Chine. Il faut d'ailleurs s'attendre à une baisse des exportations d'acier de Chine et d'Inde, leur gouvernement préférant privilégier la demande intérieure et la stabilité des prix aux exportations. Concernant l'acier inoxydable, le fameux inox (acier noble qui comporte du nickel), l'Europe fournit actuellement les meilleures perspectives de marché. Au niveau mondial, le marché de l'inox devrait croître de près de 8,6% en 2008 contre une croissance de 1% l'an dernier, selon le CRU. Les contrats à terme du LME confirment la tendanceDepuis leur création en février, les contrats à terme sur l'acier voient leurs prix s'envoler sur le LME. Ce qui montre bien que le marché est en plein essor et qu'il est très résistant aux menaces de ralentissement qui planent sur l'économie US. Lancé au cours de 750 dollars la tonne, le contrat vaut actuellement près de 950 $ la tonne sur le LME. Une hausse de plus de 25% en deux mois qui s'explique par des stocks d'acier faibles et par la hausse des matières premières qui servent à créer l'acier. D'où vient le goulot d'étranglement qui limite la production d'acier ? La production d'acier devrait rester très élevée en 2008, avec un rythme inchangé. Ceci dit, d'un point de vue purement technique, l'industrie de l'acier a été modernisée et dispose de suffisamment de capacité de production pour faire croître la production significativement, et ainsi satisfaire la demande. D'où vient alors le goulot d'étranglement qui rend le marché déficitaire ? Le goulot pourrait bien venir des matières premières elles mêmes. Ce serait donc l'insuffisante production de charbon et de fer qui empêcherait l'offre d'acier de croître suffisamment pour satisfaire la demande ? Je crois bien que nous en sommes là. Les prix du fer s'envolentDepuis cinq ans, le prix du fer, constituant de base de l'acier, grimpe en flèche : +189%. A ce chiffre, il faut rajouter les incroyables hausses des prix du fer qui viennent juste d'être négociées pour l'année 2008 : de 65% à 71% ! Pourquoi de telles hausses ?- Première raison : le marché du fer est déficitaire (de 50 millions de tonnes cette année). L'offre est insuffisante par rapport à la demande. Et le marché restera déficitaire en 2008. L'ajustement se fait donc par les prix. La situation restera tendue jusqu'en 2010. Au-delà, l'offre devrait commencer à affluer et à combler son retard. - Seconde raison : les grosses minières productrices de fer ,Rio Tinto, Vale et BHP Billiton, sont dans une situation de quasi monopole. Elles contrôlent plus de 70% de la production mondiale de fer et peuvent donc imposer leurs conditions tarifaires, notamment aux Chinois qui absorbent à eux seuls 50% de la production mondiale de fer. Pire : les importations chinoises de fer n'en finissent pas d'augmenter : +20% cette année et probablement +25% l'année prochaine ! Mortelle dépendance... Un prix du fer multiplié par cinq depuis 2002 !Chaque année, ces trois producteurs de fer -- Vale, Rio Tinto et BHP Billiton -- discutent avec les plus importants sidérurgistes mondiaux pour négocier un prix pour les livraisons de fer qui s'imposera pour une année. Le numéro 1 mondial du fer, le brésilien Vale (ex-CVRD), a imposé une hausse de 65% du prix du fer à ses clients, notamment le coréen Posco, les japonais Nippon Steel et JFE, l'allemand ThyssenKrupp ainsi qu'à ArcelorMittal ; et ce à partir du 1er avril 2008. Un prix multiplié par cinq depuis 2002 ! Rio Tinto et BHP, deuxième et troisième exportateurs mondiaux de fer, réclament plus de 71% de hausse aux sidérurgistes chinois, pieds et poings liés. Et ce n'est pas tout... Car pour faire de l'acier, il faut non seulement du fer, mais aussi du charbon coke ! Nous verrons cela dans l'Edito de mardi prochain. - Métaux rares : rhénium, gallium, germanium, lithium, cobalt, tantale, titane... (I)
Suite de notre compte-rendu sur les "métaux high tech" organisé par Reuters. En vedette : Christian Hocquard, l'économiste en chef du Bureau de recherche géologique et minières (BRGM). Nous avons déjà rapporté ses propos sur le platine, mais son exposé portait sur l'ensemble des métaux rares. Toujours en quête de sensations fortes et de matières premières ? Alors embarquez avec nous vers des destinations exotiques : rhénium, gallium, germanium ou cobalt... De quoi parle-t-on ?Rares, exotiques, critiques, stratégiques, mineurs, de spécialité : ces diverses appellations recouvrent les différents groupes de petits métaux. Encore faut-il convenablement les différencier des "métaux classiques", comme : - les "métaux lourds", comme le mercure et le chrome, qui sont frappés par des mesures environnementales restrictives et dont l'usage décroît ; - les "métaux ferreux" (minerai de fer, manganèse, nickel) qui entrent dans la composition des nombreux types d'aciers ; - les "métaux de base" non ferreux du London Metal Exchange (LME) : aluminium, cuivre, zinc, plomb... D'un point de vue économique, ces métaux traditionnels sont caractérisés par "des tendances de long terme auxquelles se superposent des évolutions cycliques de moyen terme", indique Christian Hocquard. La vigueur chinoise a sensiblement accru la demande de ces grands classiques en faisant passer sa progression "de 3 à 4% l'an vers 6 à 10%", précise-t-il. Petits métaux & grandes singularitésLes métaux high tech et leurs noms curieux -- lithium, cobalt, indium, gallium, germanium, tantale, titane, magnésium... -- constituent un "système à part", selon notre spécialiste. Les prix. Historiquement, ils passent de "longues périodes d'atonie des cours associées à une offre pléthorique"à "des crises induites par des hausses rapides [jusqu'à +20% par an pendant quelques années] de la demande face à des goulots d'étranglements dus à l'inélasticité de la production". Bref, puisque ces métaux sont rares, leurs prix sont sujets à des crises ponctuelles dès que la demande sature une offre restreinte. La géographie de la demande. Autre singularité : alors que les métaux classiques revêtent actuellement un caractère stratégique pour les pays émergents grâce aux besoins de ces derniers en urbanisme, en infrastructures et en usines, les "petits métaux" sont essentiels pour les industries de pointe de l'ensemble Etats-Unis/Japon/Union européenne. Les quantités. Si la production de métaux classiques se compte en millions de tonnes (Mt), celle de tous les petits métaux "ne dépasse pas 150 000 tonnes par an". Quelques exemples : la production annuelle de rhénium est de 50 tonnes, 60 000 tonnes pour le cobalt face aux 20 Mt du cuivre… Pas de mines spécialisées. La plupart de ces petits métaux sont des sous-produits, c'est-à-dire qu'ils sont extraits de gisements d'où sortent d'autres minerais à titre principal. Par exemple, le gallium est présent dans la bauxite dont on tire l'alumine et, dans certaines mines de zinc, on peut aussi croiser de l'indium. Le cuivre compte le molybdène parmi ses sous-produits et le rhénium est un sous-produit de ce sous-produit ! En somme, pas de mines spécialisées pour les petits métaux. Cela pèse sur leurs prix d'autant que, techniquement, le raffinage des minerais, le recyclage et le traitement métallurgique des petits métaux est beaucoup plus compliqué que celui des grands : "le gallium en lui-même n'est pas bien cher", indique Christian Hocquard,"à la différence du procédé coûteux et complexe de fabrication de l'arséniure de gallium", un matériau semi-conducteur prisé par la téléphonie mobile, les satellites... Enfin, leur nombre croît. Tous les métaux rares sont maintenant sollicités :"alors que dans les années 80, les petits métaux concernés par les nouveaux matériaux et les alliages de haute performance n'étaient qu'une dizaine, toute la constellation -- qui compte une soixantaine de métaux différents -- est aujourd'hui concernée", précise Christian Hocquard. Pourquoi des crises de prix ? On peut établir des prévisions de consommation de fer et d'aluminium en se basant sur les chiffres du passé. Impossible avec les petits métaux, qui passent de l'oubli aux feux de la rampe au gré d'innovations technologiques imprévisibles. D'où des hausses de demande brutales, puisque que la production est faible, les stocks inexistants et le marché opaque, "trusté" par quelques négociants spécialisés. L'information disponible sur ces métaux est donc limitée. La preuve : aucune place de marché ne négocie des contrats à terme sur des petits métaux qui sont vendus de gré à gré. Christian Hocquard précise cependant que le LME projette de lancer des produits sur le molybdène et le cobalt, mais ce n'est pas encore fait... Valeur contre qualitéBref, tout oppose les grands métaux aux petits. Notamment leurs prix ! Les platinoïdes et l'or occupent les sept premières places des métaux les plus chers au monde. Selon le relevé du 28 janvier dernier, le kilo de rhodium -- le numéro 1 -- vaut presque 230 000 $. Un prix qui tombe -- tout est relatif -- à 12 000 $ pour le moins cher des sept, le palladium. La huitième place est occupée par le rhénium (près de 10 000 $ le kilo), suivi par le germanium (1 300 $) et le gallium (600 $). Mais pour les petits métaux, "leur importance ne vient pas du chiffre d'affaires qu'ils représentent, mais de leurs enjeux stratégiques pour de nombreux domaines industriels". En résumé, peu importe le prix, pourvu qu'on ait la quantité. Pas étonnant que les investisseurs et autres hedge funds se montrent intéressés... De l'intérêt du rhénium...Christian Hocquard s'interroge sur le rhénium, qui vaut actuellement quelque 300 $ l'once, soit le tiers du prix de l'or, et dont la production annuelle est de l'ordre de la cinquantaine de tonnes. Exceptionnellement résistant à la chaleur et à la corrosion, ce métal argenté est extrait des résidus de molybdène -- lui-même peu commun et concentré dans les mines de cuivre du Chili et au Kazakhstan. Le rhénium est principalement utilisé pour renforcer les superalliages aéronautiques. Et le spécialiste du BRGM de lancer : "le rhénium ne pourrait-il pas être considéré comme un métal précieux et remplacer un peu d'or dans les coffres de la Banque de France ? Cela constituerait un stock de métal stratégique relativement plus intelligent que l'or" puisque EADS et sa filiale Airbus font partie des fleurons européens... Des bouche-trous bien pratiquesChristian Hocquard indique incidemment que dans les mines classiques, l'importance économique des sous-produits monte en puissance. En effet, la teneur en cuivre des nouveaux gisements chute à grande vitesse -- "de 0,4 à 0,6% de cuivre contre plus de 1% il y a seulement quinze ans", précise-t-il. Et il constate que les mines de cuivre riches en sous-produits (platinoïdes, nickel, molybdène, zinc) sont celles dont les coûts d'extraction sont les moins élevés. Pour les nouvelles mines de cuivre, on ne peut plus vraiment parler de sous-produits : la présence de petits métaux devient financièrement capitale. Je poursuivrai dans le prochain EditoAutres articles sur le même thème : Platine : une pénurie longue se profile à l’horizon (I) - Peut-être bientôt une opportunité pour se positionner sur le blé (I)
Lorsque le cours du blé a touché les 13,49 $ en février, je vous ai clairement conseillé de vendre le blé, prétextant une bulle. Trois semaines plus tard, elle a éclaté et le cours a depuis reculé de 35%. Je vous donne aujourd'hui mon avis sur les perspectives du blé... Petits rappels avant de commencer...Le blé est l'une des céréales les plus consommées dans le monde, juste derrière le maïs. 20% des besoins caloriques de la population mondiale sont couverts par le blé. Mais on retrouve aussi le blé dans l'alimentation des élevages animaux en pleine expansion. En 2003, le plus gros producteur de blé était la Chine avec 21% de la production mondiale, suivie par l'Inde (17%), les USA (15%), la Russie (8%), la France (7,5%), le Canada (5,6%)... Les plus gros exportateurs sont les Etats-Unis, l'Europe, la Russie, l'Australie, l'Argentine et les plus gros importateurs sont le Brésil, l'Egypte, l'Algérie et la Chine. Commençons par faire un point sur les fondamentaux... Pas de répit côté demandeLa consommation 2003/2004 s'est élevée à 588 millions de tonnes. Elle devrait être d'environ 617 millions de tonnes cette saison, en hausse de 5%. Le trend est donc haussier. Logique : la population croît et va continuer de croître. Mais ce n'est pas tout : le pouvoir d'achat de la population mondiale, avec l'émergence des BRIC, croît lui aussi très fortement. Une classe moyenne gigantesque est en train de voir le jour. Ces populations, principalement asiatiques, consomment donc plus, mieux et surtout différemment. La consommation de viande augmentant fortement, il faut plus de céréales pour nourrir les animaux d'élevage. La pression est donc double sur le blé. Ajoutons à cela l'expansion des biocarburants qui ponctionnent une partie toujours plus importante de la production de blé. D'ici 15 ans, la demande pourrait croître de 60%Vous comprenez pourquoi la demande croît et continuera de croître dans les années à venir. Selon certaines études, la demande pourrait atteindre un milliard de tonnes en 2020 contre 617 millions aujourd'hui ! Une hausse de plus de 60%. Or pour l'instant, on n'arrive pas à faire face à cette demande... Sachant que la demande est inélastique au prix, car le blé est un besoin primaire dont en ne peut se passer, les choses peuvent aller loin... Parlons de l'offre justement ? Difficile d'y voir clair, car les caprices de la météo peuvent, comme cette année, faire beaucoup de dégâts et accroître la pression sur le marché déjà très juste. Le niveau de production est contraint par différents facteurs : - Il va falloir faire face dans les années à venir au réchauffement climatique qui a récemment déjà désorganisé le marché du blé. Et qui dit réchauffement, dit raréfaction de l'eau. Or il faut 1 200 litres d'eau pour produire un kilo de blé. A l'avenir, avoir des terres cultivables ne suffira plus. Il faudra aussi avoir suffisamment d'eau pour faire pousser les récoltes. Ce qui réduira les rendements. - Parallèlement, avec l'urbanisation croissante, il est de plus en plus difficile de maintenir des terres agricoles cultivables. L'une des rares possibilités d'expansion reste le déboisement dont on connait les méfaits. Un seul exemple : urbanisation, désertification et pollution entraîne en Chine une contraction des surfaces agricoles de quelque 0,8% par an ! Or il manque en Chine aujourd'hui déjà quelque 20 millions d'hectares pour nourrir la population... - Autre possibilité pour accroître la production : les engrais qui peuvent améliorer la productivité, ou les OGM ! Encore faut-il qu'ils soient efficaces et qu'on puisse y avoir accès. Mais en termes d'environnement, ces alternatives sont un désastre... Une bonne nouvelle toutefois : selon le dernier rapport du ministère de l'agriculture US, les terres agricoles consacrées à la culture du blé aux Etats-Unis devraient légèrement augmenter cette année, au détriment du maïs. Un marché structurellement déficitaireDepuis 2000, sur les huit récoltes de blé effectuées au niveau mondial, sept étaient déficitaires. La consommation dépasse la production. La saison actuelle ne devrait pas déroger à la règle. C'est la raison pour laquelle les stocks de blé fondent. A force de pomper dedans pour compenser le manque d'offre, la situation devient alarmante. Les stocks sont sur une mauvaise pente…Les stocks de blé aux Etats-Unis, principal exportateur, sont tombés à leur plus bas niveau depuis 60 ans. En recul à près de 19 millions de tonnes cette année contre 23 millions l'an passé. L'autre grenier à blé, celui de Canada, voit son stock également reculer de 30% sur un an ! Au niveau mondial, alors que le stock affichait en 2004/2005 150 millions de tonnes, il est tombé en 2006/2007 à 124 millions de tonnes. La saison 2007/2008 devrait se terminer avec un stock inférieur à 110 millions de tonnes. Une chute de 27% en trois ans ! A ce rythme, le stock sera vide dans dix ans... mais n'extrapolons pas. Sachant que la consommation mondiale s'élève à 617 millions de tonnes, soit 51 millions par mois en moyenne, nous avons seulement deux mois de stock devant nous. C'est peu. Voilà pour les fondamentaux. A long terme, ils sont clairement porteurs. Aucun doute sur ce point. Dans le prochain Edito, nous analyserons ensemble les données graphiques et je vous livrerai mon opinion sur l'évolution à venir du blé et les opportunités qui en découlent. - Le charbon reste bien orienté
Actuellement, le charbon est plus que jamais en vogue. Les prix sont orientés à la hausse, tant ceux du charbon à coke (utilisé pour la production d'acier notamment) que ceux du charbon thermique (utilisé pour la génération d'électricité). Prix du contrat future sur le charbon thermique (livraison mai 2008) à Rotterdam, en US$ La spéculation n'est pas à la source de l'envolée des prixContrairement aux autres matières premières (pétrole, or, céréales...) dont les contrats futures très liquides attirent les fonds d'investissement en quête de rendements rapides, le charbon n'est pas un actif propice à la spéculation financière internationale. La hausse actuelle des prix est d'abord la conséquence basique de la loi de l'offre et de la demande. La production de charbon fortement freinéeLe prix spot (comptant) du charbon thermique a grimpé d'environ 20% depuis le début de l'année en raison d'un déficit de l'offre et de la capacité logistique, notamment en Australie. Les pannes d'électricité en Afrique du Sud, les tempêtes de neige en Chine et les inondations en Australie ont ralenti la production de charbon, ont diminué les stocks et ont ainsi contribué à créer une fièvre acheteuse. Or ces trois pays font partie des cinq plus gros producteurs mondiaux, avec les Etats-Unis et l'Inde. Le marché devrait être déficitaire en 2008Pour rappel, la Chine a été forcée de réduire en février sa capacité de production de charbon, donc de production électrique, et a dû fermer plusieurs milliers de mines à cause de tempêtes de neiges. Et, à cause des coupures de courant incessantes, l'Afrique du Sud est devenue pour la première fois importatrice nette de charbon afin de reconstituer ses stocks. Normalement, ce pays producteur est exportateur net. Ainsi, cette année, il devrait résulter de ces perturbations un déficit de 60 millions de tonnes de charbon thermique. La demande est en progression constanteLa croissance mondiale, tirée par les pays asiatiques émergents, explique la demande de plus en plus forte. Ainsi, la consommation de charbon thermique devrait s'accroître de 1,5% par an d'ici 2030. Et la consommation asiatique compte actuellement pour plus de la moitié de la consommation mondiale. La demande pour le charbon à coke, qui sert notamment dans les secteurs de la sidérurgie, de la construction et de la production automobile, est elle aussi en hausse exponentielle dans cette zone économique où les taux de croissance sont souvent à deux chiffres. Des livraisons désorganiséesD'autre part, les coûts de transport comptent pour une large part dans le prix du charbon à la livraison. Le marché international est de ce fait divisé en deux zones géographiques distinctes, à savoir les zones atlantique et pacifique. Le marché "atlantique" est composé des pays importateurs d'Europe de l'Ouest tels que l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Espagne notamment. Le marché "pacifique" est composé des pays de l'Asie du Sud-Est. Ces marchés ont été très perturbés par les problèmes de production et les délais d'acheminement. Le plus gros exportateur mondial de charbon thermique, l'anglo-suisse Xstrata, a récemment averti ses clients des délais générés par les inondations dans le Queensland australien. Elles ont complètement désorganisé le transport de charbon depuis Newcastle, en Australie, qui est aussi le point de liaison avec le Japon, la Corée du Sud et Taïwan. Les deux mastodontes australiens, Rio Tinto et BHP Billiton, ont également prévenu que des circonstances exceptionnelles au-delà de leur contrôle, à savoir les aléas météorologiques, les empêchaient momentanément de respecter leurs engagements contractuels de livraison. Une demande inélastique au prixC'est donc clairement un problème de production et d'approvisionnement qui a pris par surprise le marché, devenu en quelques semaines très tendu et peu liquide. Les acheteurs, ne pouvant se priver de la matière première charbon dans leurs activités, se sont ainsi précipités sur l'offre disponible et les prix se sont emballés. Le prix du charbon coke pour 2008 en hausse de 200% !Début avril, les négociations annuelles entre producteurs de charbon et sidérurgistes qui fixent le prix des transactions du charbon à coke pour l'année, se sont conclues par une hausse d'environ 200%. Le coréen Posco, quatrième sidérurgiste mondial, a révélé avoir conclu un prix de 305 $ la tonne, soit plus de trois fois les 98 $ négociés pour l'année fiscale qui s'est achevée le 31 mars dernier. La négociation est également difficile pour les aciéristes japonais JFE et Nippon Steel avec BHP Billiton. Le niveau des prix reflète la panique qui s'est emparée des sidérurgistes sont obligés d'accepter cette hausse à cause de l'absolue nécessité de faire tourner leurs haut-fourneaux. En 2005, déjà, craignant une pénurie mondiale, le prix du charbon à coke avait atteint le niveau record de 125 dollars. Les prix avaient finalement reculé sensiblement les deux années suivantes car l'offre s'était tant bien que mal adaptée à la demande. Perspectives haussièresAujourd'hui, les perspectives sont toujours haussières pour le charbon car la demande croissante impose également des améliorations logistiques indispensables au respect des délais de livraison. Le déficit du marché devrait donc perdurer encore car les capacités ferroviaires et portuaires sont toujours insuffisantes, particulièrement en Australie. - Le pétrole toujours en hausse ; les métaux suivent l'euro
Energie : toujours en très forte hausse Semaine fortement haussière pour le pétrole, avec de nouveaux records en pagaille ! Les facteurs de soutien ont été nombreux, à commencer par la faiblesse du dollar en milieu de semaine, l'euro venant flirter avec les 1,60 $. Mais le coup d'éclat de Juncker a subitement jeté un froid sur le marché des devises et a inversé la tendance de la parité euro/dollar. Le rebond du dollar qui a suivi a entraîné le baril à la baisse jeudi dernier. En fin de semaine, le pétrole rebondissait à nouveau, aidé cette fois par les actes de sabotage commis par le mouvement pour l'émancipation du delta du Niger. Un sabotage a ainsi visé un pipeline de la Royal Dutch. Cours spot du WTI en US$ le baril Autre élément de soutien au cours du pétrole : la chute des stocks de brut et d'essence aux Etats-Unis la semaine dernière. Les importations de pétrole restent peu élevées et les raffineries tournent à seulement 81,4% de leurs capacités, ce qui est peu. Voilà qui renforce les craintes des investisseurs quant au "manque" possible d'essence alors que la saison des "grandes migrations estivales" va bientôt s'ouvrir. Autres facteurs de soutien : le débat sur le peak oil et ses conséquences, qui enflamme actuellement la Russie, et la fermeture temporaire de l'un des terminaux à l'exportation de pétrole mexicain. La spéculation est toujours aussi forte sur ce marché qui reste un placement alternatif très recherché par les investisseurs. Livraison mai, le WTI affichait vendredi 115,44 $ sur le Nymex et le Brent de la mer du Nord 112,84 $ le baril sur l'ICE. Métaux précieux : à la recherche d'une direction perdue... L'or a suivi l'évolution du dollar. Il est monté mercredi dernier jusqu'à 945,5 $ l'once lorsque l'euro frisait les 1,60 $ suite à l'annonce de chiffres inflationnistes alarmants en Zone euro et en Allemagne. Le rebond du dollar en fin de semaine à 1,5729 -- après l'annonce de bons résultats de la part des entreprises américaines et à la suite du coup de tonnerre provoqué par les déclarations de Juncker -- a fait plonger l'or. En fin de semaine, le cours de l'or affichait 912,4 $ au comptant à New York. Je pense que les investisseurs sont toujours dans une phase d'attente. La hausse de l'euro et de l'inflation n'ont eu qu'un impact haussier relativement limité sur le cours de l'once. En revanche, en sens inverse, la corrélation joue très fortement : le rebond du dollar a eu un impact fort sur l'or qui reculait significativement en fin de semaine. Autre indice : la hausse du cours du brut tire habituellement l'or dans le même sens. Or malgré les records des cours du pétrole vendredi, l'or a plongé. Le marché est donc nerveux et manque de visibilité à court terme. Les investisseurs sont dans l'attente... Prochain rendez-vous : celui du FOMC le 30 avril prochain. D'ici-là, le marché devrait rester sans véritable direction. Cours de l'once d'or en US$ L'argent a suivi le cours de l'or. Il est repassé franchement au-dessus des 18 $ l'once en milieu de semaine avant de clôturer en fin de semaine, et de nouveau, en-dessous de ce seuil psychologique. Alors que le platine repassait sous les 2 000 $ lundi dernier, il clôturait le mercredi suivant à 2 051 $ l'once, suite au rebond de l'euro. Il a ensuite bien mieux résisté que l'or, terminant la semaine à 2 042 $. Le palladium a suivi le platine. Cours à 3 mois Vendredi11 avril 2008 Vendredi18 avril 2008 Variation / semaine Aluminium* 3 090 3 075 -0,49% Cuivre* 8 650 8 570 -0,92% Plomb* 2 967 2 835 -4,45% Nickel* 28 500 28 805 1,07% Etain 20 750 21 650 4,34% Zinc* 2 314 2 280 -1,47% Acier (Méditerranéen) 895 950 6,15% Or (spot) 922,14 913,95 -0,89% Argent (spot) 17,64 17,92 1,59% Platine (spot) 2 008,00 2 042,45 1,72% * cours en $ sur le LME à trois mois Métaux de base : semaine morose...Alors qu'il était globalement atone en début de semaine, le marché s'est réveillé en milieu de semaine avec de belles hausses mercredi suite au plongeon du dollar. Jeudi dernier, les mauvaises nouvelles économiques ont pourtant refroidi les ardeurs des investisseurs. Notez que la Chine a encore (pour la troisième fois cette année) relevé de 50 points de base, soit à 16%, le niveau des dépôts obligatoires des banques commerciales. Ce nouveau resserrement monétaire a pour objectif de freiner l'économie (qui pourtant ralentit légèrement à 10,6% sur un an) et de combattre l'inflation qui caracole à 8,3%. Je crains qu'à force de resserrer sa politique monétaire par tous les moyens depuis des mois, la Chine n'entre brutalement dans un ralentissement économique. Le ralentissement US aidant... L'étain est tiré par les rumeurs en provenance d'Indonésie. Le gouvernement local, dans le souci d'éviter la domination du marché par quelques grosses minières, veut limiter la taille des surfaces explorables et exploitables. Chaque minière aura droit d'explorer/exploiter une zone de 25 000 hectares maximum. La zone totale à se partager étant limitée à 100 000 hectares... Concernant l'étain plus spécifiquement, le gouvernement indonésien semble vouloir instaurer des quotas à l'exportation, qui limiteraient annuellement à 100 000 tonnes les sorties d'étain. Voilà qui ne peut que doper le cours de l'étain. Cours de l'étain en US$ la tonne Le prix de l'acier est poussé à la hausse par l'envolée du prix du fer. Notez que l'institut international du fer et de l'acier anticipe pour 2008 une hausse de la demande d'acier de 6,7%. Enfin, ArcelorMittal a annoncé vouloir augmenter le prix de sa tonne d'acier destinée au marché américain de 250 $ pour faire face à la hausse du prix de l'énergie et du fer. Il avait déjà relevé ses prix en Europe le mois dernier, tout comme la plupart des producteurs d'acier. Le plomb a été impacté par une forte hausse du stock sur le LME, ainsi que par la vente de plomb par les producteurs alors que trop peu d'acheteurs étaient intéressés par ces mises sur le marché. Le seuil des 2 800 points a tenu pour l'instant. C'est un support important, surveillez-le. S'il était enfoncé, cela serait un signal de vente qui précipiterait le cours du plomb. Le cuivre a enregistré sur le LME un record historique à 8 880 $ la tonne en milieu de semaine. Soutenu par les grèves dans la mine chilienne de Codelco (premier producteur mondial de cuivre), et par le fort repli du dollar. Pour couronner le tout, on apprenait la baisse de la production de cuivre de 17% sur un an à la fin du premier trimestre au Kazakhstan. Cela dit, l'annonce de mauvaises nouvelles économiques en provenance des Etats-Unis et le rebond en fin de semaine du dollar ont fini par faire reculer fortement le cours du cuivre, les spéculateurs prenant leurs bénéfices. Cours du cuivre sur le LME en US$ la tonne L'aluminium a été confronté à une hausse de son stock sur le LME. Tiré à la hausse en milieu de semaine par un dollar en fort repli, il a fait l'objet de prise de bénéfices avec le rebond du dollar en fin de semaine Le stock de zinc s'est encore accru sur le LME Céréales : la hausse persiste à l'exception du blé Le riz a continué de progresser cette semaine, enregistrant un nouveau record à 24,35 $ la livre sur le Cbot, livraison mai ! Vous le savez déjà, l'offre est trop juste et la demande croît toujours fortement. Après la Chine et le Vietnam, c'est au tour de l'Inde et de l'Egypte de limiter leurs exportations de riz. L'objectif est toujours le même : satisfaire la demande intérieure en priorité et combattre l'inflation des prix. L'Indonésie n'arrive toujours pas à acheter sur les marchés internationaux tout le riz dont elle a besoin pour nourrir sa population, faute d'offre ! En fin de semaine, le contrat mai cotait 23,70 $ la livre sur le Cbot. Cours du riz sur le Cbot en US cents la livre Le maïs était également en forte hausse la semaine dernière. J'ai fait pour vous un point récemment sur le maïs. Les fondamentaux sont porteurs : aux Etats-Unis, moins de terres agricoles lui seront réservées pour la nouvelle saison. En outre, nous sommes en pleine période de semis, et les semis prennent de plus en plus de retard en raison des mauvaises conditions météorologiques. Alors forcément, les spéculateurs jouent in fine la baisse probable des rendements. Enfin, le maïs a été dopé par l'envolée du cours du brut à 117 $ vendredi, étant donné qu'il lui est corrélé via l'éthanol. Livraison mai, le contrat sur le maïs affichait vendredi 5,98 $ le boisseau sur le Cbot. Cours du maïs sur le Cbot en US cents le boisseau Le blé a poursuivi sa baisse comme je m'y attendais (je vous en reparlerai demain). Partout dans le monde, notamment aux Etats-Unis et en Chine, on veut augmenter la production en attribuant plus de surfaces agricoles au blé. Et pour une fois, les conditions météo sont favorables aux Etats-Unis et laissent présager de bons rendements pour le blé d'hiver qu'on va récolter au printemps. Livraison mai, le boisseau de blé affichait vendredi 8,75 $ sur le Cbot. Cours du blé sur le Cbot en US cents le boisseau, depuis 3 mois Le soja a été soutenu par la faiblesse du dollar cette semaine. Alors que l'euro frisait les 1,60 $ mercredi, les acheteurs en ont profité pour acheter du soja à moindre coût. Les Etats-Unis ont ainsi exporté 477 000 tonnes de soja sur la semaine, soit une hausse de 21% par rapport aux ventes moyennes hebdomadaires enregistrées sur les quatre dernières semaines. Le soja, dont on peut faire du biocarburant, a également été tiré par la hausse du cours du brut. A noter également le vif mécontentement des producteurs argentins de soja contre la hausse des taxes à l'exportation imposée par le gouvernement sur le soja. Ceci participant également à soutenir le cours. Livraison mai, le boisseau de soja cotait, vendredi dernier, 13,61 $ sur le Cbot.Autres articles sur le même thème : Alerte rouge hier sur la parité euro/dollar ! Le potentiel de hausse du maïs se joue en ce moment même - L'Australie : un pays 'matières premières' en très forte croissance (II)
Hier, je vous parlais du boom économique australien qui repose largement sur la richesse du pays en matières premières et en minerais. L'Australie a d'autres atouts : sa devise et sa bourse. Petit tour d'horizon... Une monnaie matière forte...Une autre force profite de plus en plus à l'Australie : sa devise. Autrefois marginale, elle est aujourd'hui une monnaie de plus en plus valorisée grâce au développement des échanges commerciaux, bien sûr, mais aussi grâce à la solidité financière du pays qui attire les capitaux étrangers. Les marchés financiers en plein essor ainsi que l'attrait pour les taux d'intérêt rémunérateurs favorisent également la vigueur du dollar australien. ...très appréciée des investisseursDécorrélée des autres grandes devises mondiales, elle est donc une source de diversification pour les banques et dans les strategies de portefeuilles globaux des fonds de pensions, des hedges funds et autres gérants d'actifs. Elément révélateur : alors que l'Australie est la quinzième puissance économique mondiale, sa devise est la septième plus échangée dans le monde. Profitant du boom des matières premières, et donc de son fort rendement, le dollar australien se rapproche doucement mais sûrement de la parité avec son cousin américain. Le graphique ci-dessous représente l'évolution du cours spot AUD/USD depuis 1999. Des marchés financiers performantsEvidemment, les marchés financiers australiens ont largement bénéficié de ce boom économique. Globalement, la taille du marché des actions, crédit, devises et dérivés a doublé en quelques années. Quelques indications pour se faire une idée de la finance locale :- le marché action est le deuxième plus important en Asie derrière la bourse de Tokyo en terme de capitalisation boursière ;- le secteur des fusions-acquisitions est le septième plus important dans le monde en terme de part de marché ;- le marché Forex est le septième plus gros dans le monde en terme de turnover quotidien ;- les nouveaux marchés, comme celui des dérivés d'immobilier et du trading d'énergie, connaissent développement soutenu ;- les encours détenus par les hedge funds australiens représentent environ 63 milliards de dollars australiens (environ 40 milliards d'euros), plus que ceux de Hong-Kong et de Singapour réunis, mais également plus que ceux du Japon. La performance des marchés australiens est donc très bonne depuis plus de 10 ans, et relativement meilleure que les autres marchés du G7, soutenue notamment par l'explosion des prix des matières premières. Le graphique ci-dessous illustre les performances comparées depuis 2002 entre l'ASX 200 -- l'indice phare australien -- le MSCI World et le S&P 500. La récente crise des subprimes a été bien absorbée localement, sans trop de fâcheuses conséquences. Les banques et établissements de crédits sont peu exposés à ce risque. Explosion des valeurs du secteur des matières premièresLa récente explosion des valeurs du secteur des ressources naturelles est également bien illustrée par le graphique suivant, comparativement aux secteurs de l'industrie et des services financiers. Les valeurs pharesLes blue chips du secteur des ressources naturelles et des matières premières sont Rio Tinto et BHP Biliton (exploration et production de minerais et métaux), Woodside Petroleum et Santos (pétrole et gaz), AGL et Truenergy (énergie), Newcrest (or), Alumina, Zinifex et Oxiana (métaux de base). Les principales valeurs bancaires et financières sont Macquarie, NAB, Westpac, ANZ, Commonwealth Bank, St George (banques), AMP et Suncorp (services financiers), QBE (assurance). Les autres grosses capitalisations boursières australiennes sont notamment Westfield (immobilier commercial) et Telstra (Telecommunications). Le marché des mid-caps est également très intéressant, toujours grâce au secteur des matières premières, avec de nombreuses entreprises assez jeunes qui profitent de la demande soutenue de cette production pour se développer rapidement. Voilà globalement esquissé l'état de l'économie australienne, sa conjoncture et ses récentes évolutions. Longtemps tenu un peu à l'écart du reste du monde, plus ou moins volontairement d'ailleurs, l'Australie est aujourd'hui une des places mondiales les plus dynamiques, commerçant avec les quatre coins du globe, et régulièrement vantée pour sa qualité de vie (climat, éducation, infrastructures...).Autres articles sur le même thème : L'Australie : un pays "matières premières" en très forte croissance (I) - Alerte rouge hier sur la parité euro/dollar !
Un coup de dollar rebondit ; un coup il replonge violemment. Et voilà maintenant qu'il rebondit à nouveau, prenant tout les investisseurs à contre-pied... Et tout cela en moins d'une semaine. C'est à en perdre son latin ! Un véritable cri d'alarmePour celui qui connait bien "l'art et la manière" avec lesquels le G7 élabore ses communiqués et s'exprime, le changement de ton la semaine dernière à l'issu de sa réunion était flagrant. Alors que, jusqu'à présent, il dénonçait simplement la "volatilité excessive" des taux de change, cette fois le G7 affirme "qu'il y a eu à certains moments des fluctuations brutales entre les grandes monnaies, et nous sommes préoccupés de leur impact possible sur la stabilité économique et financière. Nous continuons à suivre étroitement les marchés des changes et nous coopérons autant que nécessaire ". Des termes rarement utilisés et surtout très lourds de signification... Pas de doute, en "langage G7", c'est un véritable cri d'alarme ! Il faut dire qu'il y a de quoi : depuis janvier, le dollar a perdu 10% contre l'euro et 11% contre le yen, ce dernier revenant à son plus haut depuis 13 ans. Le secret le mieux gardé de la planète finance...Revenons sur la fin du communiqué : "nous coopérons autant que nécessaire". Toujours dans le langage des banques centrales, ceci pourrait bien vouloir dire : "si nécessaire, nous interviendrons ensemble pour soutenir le dollar en l'achetant massivement sur les marchés". Le message était suffisamment clair pour que plane sur les marchés la menace d'intervention coordonnée des autorités pour redresser le dollar ; et suffisamment flou pour que la menace ne soit pas expressément explicitée. Ah ! La diplomatie... Au sortir du G7, tout le monde était content. Voilà les marchés prévenus : le dollar va maintenant à coup sûr s'assagir. Pensait-on... Pourtant, le marché s'est mis à jouer le dollar au-dessus des 1,60Car le marché est un enfant capricieux et malin ; et comme l'insupportable bambin qui veut "tester" l'autorité de ses parents en les poussant à bout, le marché veut mettre les banques centrales à l'épreuve... pour ne pas dire en face du fait accompli ! En effet, l'euro est entré mercredi dans une nouvelle configuration haussière qui, graphiquement, pouvait propulser la parité largement au-dessus des 1,60 $. Du coup, l'euro se dirigeait droit sur les 1,60 $... ... lorsque, tout à coup, Juncker frappa du poing sur la table !Le ministre luxembourgeois des finances, hors de lui, exprima soudain sa colère. Expliquant que décidément les marchés n'avaient strictement rien compris à la déclaration du G7 vendredi ; ajoutant que la hausse de l'euro était tout sauf souhaitable. Il a terminé en mettant les points sur les "i" : "nous interviendrons s'il le faut !" Cette fois, le message est non seulement clair, mais il devient explicite !Immédiatement, la pression baissière sur le dollar s'est levée, les investisseurs prêts à faire voler le seuil des 1,60 en éclats se sont désengagés soudainement. En moins de trois minutes, l'euro ne cotait plus que 1,5870 $. Parallèlement, en à peine moins de cinq minutes, le brut, qui caracolait autour des 115,50 $, refluait sous les 114,50 $... Quel impact ! Mon avis ?La seule vraie question à se poser est de savoir si les banques centrales vont ou non passer à l'acte. Et la réponse est de moins en moins évidente. Car malgré toutes les déclarations concordantes, n'oubliez pas qu'un euro fort permet de combattre l'inflation (on en a besoin !) et qu'un dollar faible dope les exportations américaines. Or ces exportations sont la seule possibilité qui reste aux Etats-Unis pour sortir de la crise économique. Autre point : les divergences entre les différents protagonistes du G7 sont telles qu'une intervention coordonnée est tout sauf évidente. Sans compter, enfin, qu'une intervention irait à l'encontre de la politique de "flexibilité" des marchés prônée depuis toujours par le G7, notamment à l'encontre de la Chine qui manipule son cours... Une chose est certaine : le marché n'en fait qu'à sa tête. Et je pense qu'à court terme il ira à nouveau tester les 1,60 une fois les avertissements "dissipés". Nous aurons alors la réponse... Dernier point... J'ai trois enfants et une certitude : pas d'autorité sans passage à l'acte ! Cours de l'euro en dollar - Le potentiel de hausse du maïs se joue en ce moment même
Juste une parenthèse avant de commencer : sachez que le Brent vient de passer ce matin au-dessus des 113 $ et le WTI les 115,45 $. La parité euro/dollar flirtait hier avec les 1,60. Ce seuil ne tiendra à mon avis pas longtemps. Mais revenons au maïs... Moins de terres consacrées à la culture du maïs cette annéeJe vous le disais il y a quelques jours, l'USDA nous a fait part début avril de ses prévisions quant aux plantations à venir de céréales aux Etats-Unis. D'après le ministère de l'agriculture US, les surfaces agricoles consacrées au maïs devraient diminuer de 8%, à 86 millions d'acres. En effet, les fermiers favorisent la culture du soja, qui devrait largement gagner du terrain, et, dans une moindre mesure, celle du blé. On peut donc s'attendre à une baisse de la production de maïs cette année. Période des semis : une fenêtre de tir étroite qui se refermeVous le savez, les Etats-Unis sont l'un des très gros producteurs/exportateurs de maïs. La qualité et la quantité de leur production influencent donc fortement les cours mondiaux du maïs. Et, comme je vous le disais, les agriculteurs américains sont en pleine période de semis. Or pour réaliser les semis, ils ont une fenêtre de tir assez étroite en termes de timing. Force est de constater que les jours passent et que les semis progressent lentement. Trop lentement. Or ceci peut avoir des conséquences fâcheuses à terme sur les rendements. Les faits sont là :Vous vous en doutez, les agriculteurs n'y sont pour rien. Comme toujours, ils dépendent des caprices de Dame météo qui leur joue des tours... A ce jour, les agriculteurs américains ont en moyenne semé 2% du maïs à planter, contre 4% l'an passé à la même période et 7% en moyenne sur les 5 années précédentes à cette période de l'année. Entrons dans le détail de ce chiffre qui n'est qu'une moyenne nationaleL'Arkansas a semé 27% de son maïs, contre 79% en moyenne sur les cinq dernières années, à la même période. Suivent, dans l'ordre, le Tennessee qui a planté 5% de son maïs seulement, contre 42% en moyenne sur les cinq dernières années. Le Missouri en est à 2% contre 32% et le Kentucky à 1% contre 26% habituellement. Pour les gros états producteurs situés dans le centre-ouest, nous n'avons pas encore les chiffres. Quoi qu'il en soit, les retards sont importants. Ces chiffres ne laissent rien présager de bon. Une floraison trop tardive réduit les rendements N'oubliez pas que les semis doivent être terminés avant le début du mois de mai. Sans quoi, la période de fertilisation du maïs intervient trop tardivement. Or plus la fertilisation est tardive, plus le rendement de la plante diminue. La météo des jours qui viennent sera déterminanteLes semaines qui viennent, les yeux des investisseurs seront donc rivés sur la météo. Car c'est bien d'elle dont dépendent les agriculteurs pour réaliser leurs semis. Jusqu'à présent, le retour du froid et les pluies incessantes ont rendu les sols trop humides. Or il n'est pas possible de semer si les sols sont trop humides, les semis risquant de pourrir. D'où le retard actuellement constaté. Globalement, la situation météorologique ne s'est pas trop améliorée ces derniers jours, sauf très localement où la température s'est réchauffée, ce qui a permis au sol de sécher un peu. Mais pour la fin de la semaine, on annonce le retour des orages. En attendant, le cours du maïs sur le Cbot reste orienté à la hausse. Livraison juillet, le cours du boisseau se négocie à 6,20 $. Que nous dit le graphique ?Pour mémoire, il y a un an, le cours du maïs affichait 3,30 $ le boisseau contre 6,19 $ hier. Il a donc gagné 87% en moins de douze mois. Cours du maïs en US$ le boisseau sur le Cbot Le franchissement du seuil des 5,20 $ a déclenché un signal d'achat clair pour le marché qui peut ainsi continuer son ascension en direction des 7 $ le boisseau, tant que les fondamentaux seront porteurs. En cas de consolidation en deçà du cours de 5 $, sachez que le pic de janvier 2007 (à 4,37 $ le boisseau) constitue un plancher solide sur lequel le cours pourrait venir rebondir. Ce serait alors une excellente fenêtre d'entrée pour ceux qui ne sont pas positionnés.
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