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Actualité du site

Dernières nouveautés du site Créer un blog de voyages gratuit :

  • Trois jours au Tibet
    jeudi 1er novembre 2007   Tashi Delek   "I am confident", j'ai comme un sourire intérieur que je compte garder fort tel un roc tout près de mon coeur. "Happiness is a warm Gun" chantaient les Beatles. Les plaines sans fin du Karnathaka m'ont conduit chez les Tibétains. Je les retrouve avec joie. Voici Kushalanagar,Tibetan Settlement - Sera Jey Monastery, Dharma Centre. Près de 5000 réfugies resident ici. Sur les 200 000 éparpillés au Népal et en Inde, c'est le camp le plus important. Je n'y ai hélas que passé 3 jours car j'y étais moi même un étranger réfugié - introduit par connaissance, je n'avais pas de permis obligatoire alors le gentil monk m'a dit "écoute, tu peux pas rester trop longtemps car si la police te croise sans permis dans le village, toi et nous aurons des ennuis". Ici, le long des champs, c'est pas vraiment Dharamsala. Autour d'un immense monastère et de plusieurs temples se concentre la vie étudiante de quelques milliers de moines! Les Lama. J'ai logé trois nuits dans une de leurs chambres, celle de Gyaltsen, le frère de Yeshi, que Virginie et moi avons rencontré à Bénarès. Des hectares de chambres se succèdent comme a l'armée dans des bâtiments identiques. A mon retour en France, je suis censé traduire des biographies de moines pauvres pour aider à leurs parrainages. Gyaltsen, Keidu et Wandi m'ont promené dans cet univers souterrain, qui la encore, a ses propres restaurants et magasins. Les touristes indiens sont nombreux, les rickshaw aussi car les distances sont longues dans ce grand village perdu de 4 ou 5 camps. Un peu partout, l'affiche géante de Pancha Lama, orphelin prisonnier en Chine. Il est le plus jeune détenu de sa génération. Mes trois moines étaient de vrais personnages: Gyaltsen, le beau-le sage, Keidu le grincheux rigolo et Wandi le timide. Une après midi au bord du lac a donner du pain aux poissons, requête du Dalaï Lama lui-même. Mais le hic, c'est que si les p'tits poissons sont contents, la verdure l'est parfois moins, car je les surprends a jeter leur papier de bonbon ou bouteille en plastique, les petits moines, à 2 pas d'un panneau "Keep the environment safe », signe The 14th Dalai Lama"!. Puis dis donc ils crachent partout eux aussi En tout cas leurs chants, leurs chamailleries, leur humour quand ils consomment dans les magasins m'ont fait craquer. Simples, drôles et remplis d'une belle lumière. ils m'ont offert trois jours d'immersion dans leurs prières, leurs sourires, leur chaleur. Quand on s'offre une séance de yoga perso au coucher du soleil sur le toit d'un bâtiment rempli de moines, la béatitude n'est pas loin. Elle est la, même.  
  • L'ami indien - morale
    jeudi 25 octobre 2007 Namaskar L'Inde m'apparaît comme un oeuf battu ou le blanc et le jaune se confondent sans arrêt, et c'est la couleur de mes sentiments en perpétuel contraste: alors voila quand on essaie d'explorer une petite partie de l'Inde plus que de la regarder, on y trouve des amis ou des connaissances, du moins. Puis on se fait un vrai ami. Cet ami indien, hospitalier, ouvert sur le monde et les cultures étrangères, éduqué eh bien ton coeur a beau se réfléchir dans le sien tel un miroir, il n'est pas ton miroir ni ton frère aux yeux des AUTRES. Aux yeux de la masse locale : celle qui regarde un indien et un métèque - le p’tit blanc - se ballader ensemble comme des vieux copains. Alors, dans le jargon malayalam, ils baragouinent une phrase du style "Hey, are you a tourist guide?" Voila la première question qu'ils posent a l'ami indien. Le commerçant, le rickshaw, l'ouvrier en train de couper les arbres à thé dans la montagne. Et Edwin, avec beaucoup de classe, répond toujours que je suis son ami, qu'il est touriste comme moi ou d'autres touristes indiens et vient pour la première fois sur les lieux. Donc on se moque un peu d'eux, pas méchamment. Les gens savent en rire et se moquent d'eux mêmes heureusement, c'est le beau de l'histoire car ils ne sont pas du tout racistes envers le blanc, au contraire. Ils ont juste un peu des oeillères en forme de touristes quand ils voient ma couleur de peau. Ils manquent d'imagination et ne conçoivent pas un seul instant que deux êtres de couleurs de peaux différentes puissent se fréquenter, marcher au même pas, se parler d'égal a égal et s'asseoir sur les mêmes chiottes. C'est tout. Oh bah, il y a encore quelques frontières à ouvrir entre les peuples... de toute façon tant qu'il n'y a pas de guerre, les frontières ne sont pas méchantes.
  • Dernier couloir
    Vendredi 9 novembre 2007   Dernier lit à Goa, sous une hutte martelée par le déluge et l'orage et privée de courant. Obscurité totale dans un rayon de 50 kilomètres. Pour célébrer Diwali, la fête annuelle du triomphe de la lumière (la connaissance) sur les ténèbres (l'ignorance), c vraiment pas de bol! J'me marre mais c’est pas drôle, les pauvres. Bref. Apres les heures fades passées a Benaulim dans la lenteur bovine du tourisme international, mon voyage a repris à 1h de mon train de nuit pour Bombay. Dans une longue rue fétide et jonchée de vies humaines dignes dans leur pauvreté. Le city-bus écrasé de chaleur me libère du corps à corps avec les locaux et me lâche dans ce couloir inattendu. Un couloir surprise comme d'autres surprises dans les couloirs de l'Inde. Ici Mergao, a 200 mètres de la Railway Station. Des familles sur le trottoir se composent ou se décomposent : des femmes mi-gitanes/mi-clochardes accroupies, hèlent leur progéniture éparpillée au gré des flaques qu'a laissé l'orage nocturne, un père absent ou remplacé par un vieillard borgne qui me tend ses moignons en quête d'une pièce. Non loin, des cochons de passage plongent leurs truffes dans des monticules d'ordures alignées sur une cinquantaine de mètres. Les moignons à droite, les ordures à gauche, la gare c'est tout droit! Il fait une chaleur terrible mais je ne sais pas si seule la chaleur me fait transpirer. Suis-je arrivé dans le Bombay crado ou revenu a Bénarès? Je ne suis qu'à Goa. L'Inde reste l'Inde pourvu que tu sois dans une rue des plus populaires. Etrange couloir que cette rue morbide qui me procure dégoût et plaisir mêlés par l'authenticité enfin retrouvée. Rien ne grouille comme d'habitude dans cette avenue dortoir ou étals, boutiques et échoppes sont sur le point de fermer ou de s'ouvrir, va savoir... Des mômes du quartier, t-shirts troués et pieds noirs de crasse oublient de me mendier et me saluent avec ces yeux hardis que j'oubliais tantôt sur mon sable fin. Une bande de jeunes jouent au cricket au bord de la voie ferrée, j'en suis cloué. Pourquoi ce chaos à 1h de mon train? Que veut me dire le pays avant de le quitter? Est-ce moi qui ai voulu retrouver ça? L'ai-je redouté ou désiré? Arrivée à la gare remplie de cette vie indienne typique des gares mais... soft ici, il n’y a pas de pèlerins qui dorment par terre un peu partout. Deux gars de Bombay croisés a la sortie du bus s'invitent a ma table. A l'indienne pas éduquée. Le Genre que j'aime pas. Ils tentent le sourire enjôleur sous leur moustache de rigueur et me demandent mon pays, ma destination et ma date de départ. Comme chaque fois dans ces moments, un éclair de pensées noires et blanches me traversent l'esprit: "curiosité viscérale de l’indien? Intrusion pour tester mon expérience du pays? Innocente amitié? » Encore une fois, va savoir... Je les toise d'un air circonspect, quitte la table et leur souris en disant simplement "bon voyage". Le quai s'éloigne. Les fenêtres des villes laissent bientôt place aux campagnes chargées des couleurs sensuelles du soir qui tombe sur des carcasses que l'on brûle ça et là. Un musulman fait sa prière sur sa couchette, prend congé et son épouse l'imite aussitôt. Un indien de la haute me fait face et se fout pas mal de la planète d'où je viens et c'est tant mieux car vous me gonflez à force avec vos sans cesse "which country? what's your name?" Des gamins de bonne famille  courent d'un wagon a l'autre quand ce ne sont pas ceux qui, miséreux, balaient le sol jusqu'a tes pieds pour te mendier. Les marchands de thé, café et sandwiches passent et repassent. Le jour trépasse sur les quais sur les quais futurs et passés qui deviennent les mêmes a tes yeux car... tout ce petit monde qui t'est offert, ce dernier couloir, ces dernières visions vont s'éteindre dans la nuit venante, dans ton sommeil et le long du chemin qui te reconduit vers ton pays.
  • L'ami indien
    lundi 15 octobre 2007   Je suis hors des sentiers battus. Puthuppally, Pambadi, Anchalemud, Perinad, Nellimugal, Sastancottaes... ca vous dit quelque chose? Personne connaît, normal c'est pas sur la carte. Que des villages où je suis passé, d'un bus privé à un autre, d'un sentier à un autre (j'ai fini par y voir des serpents, trop rapides pour la photo). Les bus prives conduits par des têtes brûlées, c'est les plus colorés et les plus marrants: bondes d'autochtones masculins en doti, féminins en sari ou les bus scolaires si nombreux remplis de gamins en uniforme très vivants. C'est chez eux que je suscite le plus de curiosité, d'ailleurs. Les fillettes en jupe et chemise cravate et aux nattes bien faites, éclatent de rire en m'apercevant. Chevelu, je sors d'une BD. Ces villages où courent plus d'écureuils que ne passent de rickshaw, ce sont mes amis de Kollam et Kottayam, Dhanesh et Edwin, qui m'y ont montré leurs racines. Mon 3e stage (court mais intensif et complet, j'en sors ravi) est terminé. L'aventure solitaire hors des sentiers battus reprend. Je profite encore une semaine de l'absence totale de tourisme et je m'immerge toujours plus au fond de ces tranches de vie indiennes. J'ai une chance insolente de connaître, a mon sens, ce qu'il y a de plus riche a connaître en Inde. Ainsi, parfois la peur me gagne. Superstition.   Quand les indiens deviennent tes amis, il faut faire attention. Ou se laisser aller ? Tu oscilles entre toi-même et ton autre toi qui s'est peu a peu dessiné. Entre tes racines et des feuilles étrangères qu'ont poussé. Avoir un ami indien, c'est se marrer des différences et des paradoxes: devant ça je reste moi ou je suis l'autre moi? Quand il est ton ami, il n'est plus intrusif par le regard ou la parole, il devient bêtement pudique et touchant. Sa chaleur est comme un petit cercle qui s'agrandit lorsqu'il veut te présenter sa famille, ses amis, mais les sourires francs recouvrent parfois mal des "petits drames" ou des "petites gênes" perçus dans leurs regards. Un mystère plane. L'indien quand il est ton pote, il est pas pressé: il arrête de te pousser du coude et de foncer tout droit vers le guichet des trains, de la poste ou des magasins, avec son bifton tout prêt a la main. Relax et civilisé. Quand il voyage avec toi dans un bus plein de cahots qui klaxonne et manque in extremis de basculer dans les virages, l'ami indien normalement rompu aux imprévus et aux catastrophes, il a plus peur que toi et se met a prier pour survivre en te disant: « mon dieu, il y a des morts tous les genres dans ces bus ». L'ami indien, il te met en garde devant tous les dangers que tu peux rencontrer dans des endroits où il n'est jamais allé parce qu'il voyage très peu. Surtout si il est du Kerala. Dans son village, il accoste les commerçants avec la langue locale, ce qui en jette en plus de donner un sérieux coup de pouce, mais il peut plus négocier un prix lorsque tu l'emmènes faire un tour de bateau a 20 km.  Le pote indien, il t'invite a aller voir sa mère diabétique amputée d'un pied dans un hôpital dégueu, ce qui est impudique pour le coup, et te dit "she will be happy". Effectivement,elle l'est. ??? Je ne suis qu'un étranger pour elle... Le p'tit gars indien, borne dans son éducation, il te dit que tes vêtements sont sales et pas présentables pour aller voir sa maman a l'hôpital. Mais quand tu débarques au chevet de la madame, elle te regarde dans les yeux et sourit, puis se tourne vers son fils: "t'as plein de chemises et tu mets ce vieux polo pourri pour venir me voir!". J'éclate de rire.J'éclate de rire aussi, a tort apparemment, devant une bande d'indiens absorbes, devant un film malayalam et il me le fait remarquer : "Mahalal, Mamoudi" - des noms rigolos, non? - sont des stars pour nous, on les adore, on les respecte. Moi je vois deux guignols dans un film de baston tout bidon et mal cousu, mais qui mérite l'oscar du bruitage pif paf pang dans les dents. L'ami indien, il te dit souvent "don't worry" et est le premier à s'inquiéter ou à arriver 1heure a la bourre au quai de gare quand il vient te chercher. Quand il te dit "no problem", une de ses phrases favorites, 1 fois sur 3, c'est qu'il y a un problème. Il te promet un truc que t'as pas demandé puis une fois que t'es accroché et que tu y tiens il faut lui rappeler 50 fois. Ton copain indien, il te ressert dans ton assiette, il s'assure que tu manques de rien, il te laissera jamais à la rue, à poil ou mourir de faim, ou dans n'importe quelle galère, d'ailleurs, exception à la règle: même si c’est pas ton pote, l'indien il t'aide. De toute façon, même si il sait pas où est l'endroit que tu cherches, il préfère t'envoyer dans une fausse direction que nulle part, ça c'est connu. L'indien, si tu te laisses aller, il commence à te prendre par la main ou le petit doigt. C'est son truc. Attention, ça a pas du tout le même sens que chez nous. Mais je ne suis pas indien. Je suis... moi. ou l'autre moi? A part ça, là où il est vraiment un super poto: plus qu'hospitalier et carrément effacé, il troque son lit contre un tapis de paille quand il dort avec toi. Si t'as le malheur de te mettre par terre à coté de lui ou de lui rendre son lit, il t'engueule et va te sous-entendre: "non non, t'es mon invité, t'es mon dieu." Toi tu te dis "merde, j’suis le blanc, je suis le colonisateur". L'indien, si il fait partie du staff d'un hôtel et qu'il est ton cuisto, il te fait réaliser que toi t'es vraiment pas indien: le stage que tu t’es payé sert a donner les 4 salaires à lui et ses collègues et grâce à ça il va se taper des tchaï avec toi.  Là tu te dis "je suis un richou" et ça te fait froid dans le dos. C'est un peu tout ce masala, comme ils disent, c'est un peu tout ça l'ami indien.
  • Chaitanya
    vendredi 19 octobre 2007  Namaste Quelle initiation, quelle ouverture, quel bonheur ! Notre conscience, nos perceptions, sont ballottées sur le sol étranger - plutôt lorsqu'on est étranger sur un sol. Nos repères délicieusement loin peuvent encore nous manquer au moment où on s'y attend le moins. Courts moments mais ça arrive. Il arrive: Que notre énergie baisse au contact d'un simple mot ou simple regard. Que l'attachement, l'agacement et l'impatience soient encore de vieux réflexes, d'affreux démons. Certaines situations doivent être acceptées parce qu'elles appartiennent au passé et que nul ne peut en changer. Passer sur les choses, dire simplement '"c'est comme cela". Qu'on aime les gens au point... de les rejeter, d'en avoir assez. De cette énergie infantile, cette curiosité insipide et intrusive. A force d'osciller entre affection et aversion, à force de vouloir perdre ses racines et de vouloir les retrouver, on végète hors de soi-même mais on ne s'est pas trouvé. La solitude et la lassitude vous gagne, votre énergie baisse, votre identité vacille. Envie de vous recroqueviller pour vous retrouver. Chaitanya ou es-tu? Commence le repli sur soi, sur cet amour absent, lové telle un coquille au fond de son être. Dureté d'une masse humaine étrangère qui vous enferme dans son enveloppe sombre. Laissez moi sortir! Alors, serait-ce dans sa propre enveloppe qu'il faut combler son manque d'amour, fermer les yeux, chercher la lumière au fond de soi? Puis comme vous vous attachez encore stupidement à ce réflexe matérialiste qui veut pas lâcher, vous paumez des trucs a priori importants, comme puni par le sort. Paranoïaque un moment vous en voulez aux gens, potentiels ennemis. Puis quand l'épreuve est passée, comme tout est possible, la magie opère et vous retrouvez votre petit bien, mais le petit bien on s'en fout, il a l'air de vous regarder en se foutant de vous et votre petite inquiétude insignifiante. Ca ne valait pas le coup. C'est le retour à l'essentiel et à vous même que vous retrouvez. Et tout il est bien qui finit bien comme dans un bon film. "Yesterday, all my troubles seem so far away" ditune chanson. Et puis la, tout d'un coup, magie encore, derrière le rideau qui vous étouffait, derrière ceux qui s'apparentent à des gros cons, un phénomène se produit. Une maison vous accueille: 15 personnes environ. Grand repas. S'offrent à vous un sourire, un deuxième, et puis trois et quatre, qui se relient comme les branches d'un arbre. Un arbre penché sur vous, des branches autour de vous, comme des bras maternels qui vous bercent. Les yeux sont beaux, chauds, enveloppants, bienveillants, les gestes et les paroles le sontautant. Une sorte de lumière jaune semble tomber au centre de la pièce, elle traverse le groupe, forme un filqui soude les personnes les unes aux autres et remplit les visages de joie: éclats des regards, paroles vives et écoute passionnée, douceur et complicité... une toile humaine qui devient un chaudron, un foyer d'énergie et de chaleur fraternelle, pose au centre du groupe. Telle une boule qui n'arrêtera pas de tourner. Atmosphère si paisible et harmonieuse qu'elle semble être dirigée de l'extérieur comme un orchestre. Cette énergie qui soudain entre en scène, tient l'âme en éveil et nous relie les uns aux autres, ici on appelle ça le "Chaitanya'. 

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