Portrait Olivier Duffez

Olivier Duffez

Créateur de WebRankInfo,
consultant en référencement

Quel impact sur le référencement pour les nouvelles extensions de noms de domaine ?

Maintenant que de nombreuses nouvelles extensions de noms de domaine sont disponibles, faut-il les acheter et surtout, sont-elles un atout pour le référencement naturel ?

Depuis 2014 environ, de nombreuses nouvelles extensions sont disponibles pour acheter vos noms de domaine. Par exemple, vous pouvez être tenté par un nom de domaine en .paris pour un site en rapport avec la ville de Paris ou un .clothing pour un site de vente de vêtements.

  • Google tient-il compte du mot présent dans cette extension ?
  • Un nom de domaine en « .paris » est-il avantagé dans son référencement Google sur les requêtes concernant Paris ?
  • Et pour le cas particulier de ces nouvelles extensions faisant référence à des lieux, sont-elles géolocalisées par Google ?
Nouvelles extensions nom de domaine et SEO

Quel impact SEO des nouvelles extensions de noms de domaine ?

Mon avis

Pour ma part, j’ai déjà donné mon avis quand l’AFNIC m’a demandé de rédiger un dossier sur les liens entre nom de domaine et SEO. Voilà ce que j’ai écrit au sujet de ces extensions :

En 2012, l’ICANN a autorisé la création de plusieurs centaines de nouvelles extensions génériques associée à des marques (par exemple .danone), des zones géographiques (par exemple .paris) ou plus diverses (par exemple .clothing pour le secteur des vêtements).
Ces extensions étant encore très récentes ou pas encore exploitées, l’impact sur le référencement naturel n’est pas connu précisément. Il semble logique que ces extensions soient traitées exactement comme les autres gTLD, à savoir qu’elles sont neutres. Elles ne seront ni un avantage ni un inconvénient en soi pour le référencement, si on met de côté ces 2 aspects :
  • Elles ne sont pas associées à un pays (même le .paris par exemple, sauf si Google gère des exceptions comme pour certains ccTLD mais ce n’est pas encore le cas) ;
  • Elles peuvent inclure un mot-clé, dont l’impact est sans doute identique à celui d’un mot-clé situé dans le libellé du nom de domaine. Ainsi, le nom de domaine spectacles.paris inclut le mot-clé «Paris» dans l’extension : on pourrait imaginer que l’impact sera similaire à celui du nom de domaine spectacles-paris.com.

En résumé, on peut désormais avoir des mots-clés dans son nom de domaine, non pas grâce au nom lui-même mais grâce à son extension. Voici mon point de vue actuel (octobre 2014) :

  • A part pour les termes correspondant à des zones géographiques, il me semble qu’il n’y a pour l’instant que des mots en anglais, ce qui limite forcément l’intérêt pour les sites publiés dans d’autres langues.
  • Certains estiment qu’un nom de domaine à mot-clé présente un réel atout en termes de visibilité sur Google. C’est vrai que dans certains cas, Google semble afficher en très bonne position des sites grâce à leur nom de domaine, mais il me semble que c’est grâce à leurs backlinks (qui contiennent naturellement des mots-clés) : c’est donc un effet indirect.
  • Cependant, un nom de domaine à mot-clé présente aussi des risques SEO, surtout sur Google… D’une part à cause de l’algorithme qui vise les EMD de mauvaise qualité (sites dont le nom de domaine est exactement un mot-clé), et d’autre part car dans bien des cas, des liens naturels pointant vers ces sites se retrouvent pris pour des liens artificiels (ce qui peut mener à une pénalité manuelle pour liens entrants factices, ou à une pénalité algorithmique de type Pingouin).
  • Enfin, avoir un mot-clé dans son nom de domaine peut aider à se positionner sur les requêtes liées à ce mot, mais ce n’est pas un atout pour toutes les autres requêtes. C’est même contre-productif car limitatif : un site en .paris ne pourra pas se développer pour parler d’autres villes, un site en .music pourra difficilement se développer sur les thèmes du cinéma ou des livres.
  • Cela n’empêche pas qu’il puisse être nécessaire d’acheter quelques uns de ces noms de domaine, tout simplement pour éviter qu’un concurrent ne les achète et les utilise pour créer des nouveaux sites.
  • Si jamais vous achetez un de ces nouveaux noms de domaine dans le but d’y mettre un site dessus, réfléchissez à deux fois avant de décider de basculer votre site actuel vers ce nouveau NDD. En effet, le changement de nom de domaine est une opération à risques pour le SEO

Bref, ces nouvelles extensions n’ont pas d’impact particulier dans le SEO Google, mais elles en auront sur votre compte en banque…

La position officielle de Google

Dans l’aide officielle, il ne semble pas y avoir encore de page sur ce point précis, mais j’ai tout de même trouvé la question suivante :

.com, .org, .gov, .ponies – Mon domaine de premier niveau a-t-il une incidence sur les performances de mon site dans les résultats de recherche ?

Voici la réponse officielle de Google :

L’objectif de Google consiste à renvoyer les meilleurs résultats possible, ainsi que les plus pertinents, à l’utilisateur, quel que soit le domaine de premier niveau. Si notre système détermine que le meilleur résultat est une page d’un nouveau domaine de premier niveau générique (gTLD), nous renvoyons cette page dans les résultats de recherche.

En juillet 2015, la position officielle de Google a été publiée dans leur blog, que j’ai résumée en « pas d’impact SEO spécial des nouvelles extensions« .

L’avis de Matt Cutts (responsable de la lutte contre le spam dans l'algo chez Google) (mars 2012) :

Google has a lot of experience in returning relevant web pages, regardless of the top-level domain (TLD). Google will attempt to rank new TLDs appropriately, but I don’t expect a new TLD to get any kind of initial preference over .com, and I wouldn’t bet on that happening in the long-term either.

Ce qui signifie en gros :

Google a beaucoup d’expérience pour choisir des pages pertinentes quel que soit le domaine de premier niveau (TLD). Google va tenter de classer les nouveaux TLD de façon appropriée, mais je ne m’attends pas à ce qu’un nouveau TLD puisse obtenir un quelconque avantage par rapport à un .com, et je ne parierais pas que cela se produise dans le long terme non plus.

L’avis de John Mueller (webmaster trends analyst chez Google) (octobre 2014) :

There’s no inherent advantage in search that comes from using any of the new top-level domains (TLDs). They’re also not geotargeted by default (for example, both .nyc & .berlin are seen as gTLDs that you can adjust the geotargeting for in Webmaster Tools).

Ce qui signifie en gros :

Pour la recherche [Google], il n’y a aucun avantage inhérent à utiliser un des nouveaux domaines de premier niveau (TLD). Ils ne sont par défaut pas ciblés géographiquement (par exemple, .nyc et .berlin sont considérés comme des gTLD [donc génériques] si bien que vous pouvez ajuster le ciblage géographique dans Webmaster Tools).

Votre avis ?

Et vous, qu’en pensez-vous ? Y a-t-il un impact sur le référencement, notamment chez Google ?

Allez-vous acheter ces nouveaux noms de domaine ? Si oui, en prévention ou pour créer des sites avec ?

Source de l’image : Shutterstock (sous licence)

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12 commentaires

aquaportail

J’ai pris http://www.poissons.fish en rapport direct avec l’activité de mon portail aquario mais qui va aborder une thématique très pointue et extrêmement précise sur les poissons : leur anatomie (dans l’hyper-détail) et leur biologie (du niveau master et dess). Ca n’a pas beaucoup d’intérêt sur un site aquario d’aller aussi loin dans la biologie, je vais pouvoir me « défouler » un peu avec l’espoir de pouvoir placer le site en bonne position sur GG grâce à son NDD… :-D

En revanche, l’extension elle-même, en anglais, ne pourra probablement pas trop aider sauf si GG finit par y apporter un traitement spécial.

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martin

Pour ma part, ces nouvelles extensions sont une aberration…

Il y avait suffisamment d’extensions (.fr .com .org .net) pour répondre à tous les besoins.

En plus de perdre l’utilisateur lambda (« ha bon, un site ne se termine plus par un .com ? »), on favorise les grosses structures et les spammeurs qui peuvent se permettre de dépenser un vrai budget pour acquérir des noms clés.

Bref, Internet doit selon moi être un lieu simple et accessible, ceci ne va pas faciliter les choses.

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Gauvin

Il m’étonnerait que Google ne prenne pas en considération le geotargeting de chaque newgTLD géographique à terme… Surtout pour les TLD qui vont cartonner.

Pour l’intérêt commercial même, c’est sûr que les extensions de plus de 4 lettres représentant un mot dans une langue vont très probablement se cantonner à cette langue.
Et encore, des extensions aussi longues, ça fait bizarre (.vermögensberatung…) ! Mais on ne sait jamais, on va peut-être s’y habituer.

En regardant une liste des NewgTLDS ( http://www.prodomaines.com/newgtlds-icann-nouvelles-extensions-internet ), il y en a quand mêmes quelques unes spécifiques françaises : .boutique, .maison, .sarl ; qui rejoignent les autres des TLD utilisables par beaucoup de langues : .menu, .photo(s), .wiki, .archi, .marketing…

Quelques stats : http://ntldstats.com/ .
Attention au .XYZ, artificiellement poussé par une fourniture automatique avec les .COM chez un registrar, au .BERLIN dont un spéculateur en a acheté une très gros stock car l’extension n’était pas protégée par des règles d’attribution, et coucou au .OVH dont 50 000 ont été distribués gratuitement, représentant plus de la moitié des newgTLDs en France.

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manon

C’est quand même agréable et esthétique d’avoir une extension de nom de domaine que l’on pourrait associer à l’activité principale du site ou à une localisation. Je suis du même avis que ces nouvelles extensions de nom de domaine pourront apporter une amélioration au niveau du référencement d’un site. Eh oui, le fait de pouvoir intégrer un mot clé dans son nom de domaine est déjà un avantage pour le site : on peut le repérer facilement et il grimpera rapidement dans les SERP.

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olivier

Je pense que la seule vraie valeur ajoutée pour ces nouvelles extensions se trouve dans le marketing lié à une entreprise ou une marque. Dans le cas de l’exemple d’aquaportail ci-dessus, c’est assez « trend » de pouvoir se démarquer de la concurrence en élargissant sa stratégie de communication jusqu’à l’extension du nom de domaine. Maintenant je ne sais pas quel impact cela a sur les résultats de recherche mais il est vrai que pour une entreprise qui aurait des sites webs localisés, du coup c’est intéressant de pouvoir cibler le contenu en fonction du nom de domaine (p ex: .paris, .berlin etc…) plutôt que d’uniquement proposer un ciblage en fonction de la langue.

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Nico

Bonjour, n’est-il pas plus judicieux d’attendre les extensions en français si on est sur une stratégie de communication française bien sûr ? Avec ces nouveaux ndd, nous risquons peut-être effectivement de perdre l’utilisateur lambda.

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GC Belgique

Bonjour,

Si effectivement la problématique du mot-clé disposé dans l’extension semble en soi proche de celle de la disposition de mots-clés dans le NDD (EMD et autres), l’utilisation (judicieuse) d’un de ces nouveaux GTLD pourrait dans certains cas permettre a priori d’obtenir des URLs plus courtes et plus lisibles, et donc in extenso améliorer un peu l’expérience utilisateur : http://www.gothueyconsulting.com/blog/referencement/nouveaux-gtld-2014

A voir avec un peu de pratique – pas trop non plus vu le prix des extensions ;-D

++

JF

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Olivier Duffez

@GC Belgique : j’ai été déçu en lisant l’article, notamment :

De nombreux articles parus récemment avancent que lors d’un test miroir de deux domaines similaires, celui disposant d’un GLTD contenant le mot-clé recherché se positionnerait mieux (= ranking supérieur) que celui ne disposant d’une extension générique de type .COM ou .info.

ils sont cités où ces « nombreux » articles ?

une probabilité plus élevée d’obtenir des résultats de recherche de meilleure qualité

je n’ai pas vu comment on peut affirmer cela ? comment est-ce prouvé ?

Enfin, j’ai été vraiment déçu de voir à la fin de l’article des « liens » vers des ressources, mais non cliquables (une balise a sans href, ça ne mène nulle part)

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GC Belgique

Bonsoir Olivier,

Merci pour votre retour. Je vous avouerais que l’article est encore un « work in progress » ; au fur et à mesure de l’analyse de ce sujet, je me suis rendu compte de l’étendu de ces ramifications et ai pris la décision de le mettre en ligne en l’état et de le mettre à jour par la suite.

Pour les « nombreux articles », mon but n’était pas de critiquer l’analyse effectuée par d’autres, raison pour laquelle je me suis abstenu de citer les sources mais je comprends votre réaction. Je fais ici référence aux parutions de ce type : http://www.zdnet.fr/actualites/domaines-gtld-la-prime-au-referencement-garantie-sur-google-39808307.htm – étant entendu qu’il ne s’agit pas de presse spécialisée.

Pour la probabilité d’obtenir des résultats de meilleure qualité, il s’agit d’une supposition se basant sur le prix d’achat plus élevé et l’existence éventuelle de critères d’éligibilité pour lesdits GTLDs – pouvant décourager les spammeurs achetant les NDD en masse.

Et concernant les liens hypertextes, je vais me permettre de mettre cela sur le dos d’une journée chargée ;-)

Bien à vous,

Jean-Francis

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Olivier Duffez

Il ne s’agit donc pas de « nombreux articles » ! Et ils n’ont pas comparé site à site la performance, ils ont étudié ça globalement si j’ai bien compris. C’est donc une étude de corrélation, pas de causalité…

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Olivier Duffez

@bernardbruxelles : aucune de ces études n’a prouvé que l’extension du nom de domaine avait causé une meilleure visibilité dans Google. La phrase « Cette étude a analysé l’influence que peut avoir une extension de nom de domaine générique « .berlin ». » est d’ailleurs fausse, car SearchMetrics ne cherche pas à analyser les causalités mais les corrélations.
Pour ma part, je ne change pas d’avis par rapport à mon article.

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