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Olivier Duffez

Créateur de WebRankInfo,
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Le statut d’éditeur de presse en ligne

En plus des mesures controversées de restriction d’accès à Internet (HADOPI), la Loi Création et Internet votée le 2 avril 2009 définit le nouveau statut d’éditeur de presse en ligne. Les éditeurs web qui choisiront ce statut pourront bénéficier de conditions assez proches de celles de la presse écrite, ce qui permettra peut-être de dynamiser un secteur en pleine évolution.

La loi Protection de la création sur Internet

L’amendement 201 de l’article 11 de la Loi sur la Protection de la création sur Internet définit un nouveau régime juridique spécifique à la presse en ligne. Voici les textes officiels

Vote du statut de la presse en ligne à l'Assemblée Nationale

Le statut éditeur de presse en ligne voté (par 16 députés, pas comme sur cette photo !) – Image assemblee-nationale.fr

I. – L’article 1er de la loi n° 86-897 du 1er août 1986 portant réforme du régime juridique de la presse est complété par deux alinéas ainsi rédigés :

On entend par service de presse en ligne tout service de communication au public en ligne édité à titre professionnel par une personne physique ou morale qui a la maîtrise éditoriale de son contenu, consistant en la production et la mise à disposition du public d’un contenu original, d’intérêt général, renouvelé régulièrement, composé d’informations présentant un lien avec l’actualité et ayant fait l’objet d’un traitement à caractère journalistique, qui ne constitue pas un outil de promotion ou un accessoire d’une activité industrielle ou commerciale.

Un décret précise les conditions dans lesquelles un service de presse en ligne peut être reconnu, en vue notamment de bénéficier des avantages qui s’y attachent. Pour les services de presse en ligne présentant un caractère d’information politique et générale, cette reconnaissance implique l’emploi, à titre régulier, d’au moins un journaliste professionnel au sens de l’article L. 7111-3 du code du travail.

II. – L’article 93-3 de la loi n° 82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle est complété par un alinéa ainsi rédigé :

Lorsque l’infraction résulte du contenu d’un message adressé par un internaute à un service de communication au public en ligne et mis par ce service à la disposition du public dans un espace de contributions personnelles identifié comme tel, le directeur ou le co-directeur de publication ne peut pas voir sa responsabilité pénale engagée comme auteur principal s’il est établi qu’il n’avait pas effectivement connaissance du message avant sa mise en ligne ou si, dès le moment où il en a eu connaissance, il a agi promptement pour retirer ce message.

Description du statut d’éditeur de presse en ligne

Le présent amendement a pour objet de créer un statut d’éditeur de presse en ligne, assorti d’un régime de responsabilité adapté. Ce statut permettra ultérieurement l’accès de la presse en ligne au régime des provisions pour investissements et à l’exonération de taxe professionnelle.

Les obligations des éditeurs de presse en ligne

La définition proposée, insérée dans la loi du 1er août 1986 relative au régime juridique de la presse, reprend les critères proposés par les États généraux de la presse écrite.

Ses principaux éléments sont :

  • une maîtrise éditoriale par la personne éditrice ;
  • la production et la mise à disposition du public d’un contenu original, renouvelé régulièrement ;
  • le traitement journalistique des informations et leur lien avec l’actualité ;
  • l’exclusion des outils de promotion ou des accessoires d’une activité industrielle ou commerciale.

Les blogs non professionnels exclus

Cette définition ne comprend que des services fournis à titre professionnel dans le cadre d’activités journalistiques, afin d’exclure les sites Internet personnels et les blogs, édités à titre non professionnel.

Le projet de loi renvoie par ailleurs à un décret les modalités d’application prévoyant les modes de reconnaissance des services de presse en ligne par la Commission paritaire des publications et agences de presse. Cette reconnaissance ouvrira notamment droit au bénéfice du régime de provisions pour investissements et de l’exonération de taxe professionnelle.

Un régime modifié de responsabilité des contenus

Le régime de responsabilité éditoriale des services de communication en ligne est parallèlement adapté. En effet, le dispositif de l’article 93-3 de la loi du 29 juillet 1982 présume le directeur de publication responsable à titre principal des délits de presse commis sur le service de communication au public en ligne qu’il publie, lorsque les messages ont fait l’objet d’une fixation préalable. Cette présomption apparaît délicate à mettre en œuvre pour les espaces de participation personnelle (forums de discussion, blogs) faisant appel à la contribution et à la participation des internautes.

Aussi est-il proposé de prévoir que les contributions des internautes donnent lieu à un régime de responsabilité atténué, quel que soit le type de modération adopté, et qu’elles n’engagent pas la responsabilité du directeur de publication à titre principal, sauf s’il avait effectivement connaissance du contenu mis à la disposition du public.

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3 commentaires

Serval2a

Salut,
Loin d’être une bonne nouvelle ce statut ne fait en réalité que restreindre le nombre de bénéficiaires, ainsi si on lit attentivement les dispositions législatives antérieures on se rend compte que le statut de la presse était déjà applicable et ce avec moins de limitations.
sans vouloir verser dans l’appréciation politique je considère donc ce texte comme un cadeau fait aux grands groupes de presse, pour illustrer « ce cadeau » simplement en relevant que certaines « entreprises de presse » disponibles uniquement sur internet auraient été privées du statut si elles avaient été créées postérieurement à l’adoption de ce texte ; c’eût été dommage.
Pour illustrer mes dires sur la quasi-similarité des statuts : http://www.ddm.gouv.fr/article.php3?id_article=830
@

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Tilt

Bonjour,
La loi « HADOPI » n’a pas été adoptée par l’Assemblée il me semble.

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Visiter Rome

La loi ayant été votée, il existe ceux qui l’aiment et ceux qui ne la supportent pas: c’est en tout cas un moyen pour faire un peu de nettoyage. Les bénéficiaires qui ne le sont plus auront certainement à produire plus d’efforts mais il est aussi vrai que dans d’autres pays ceux qui ont cet avantage sont en général asservis à leurs prestataires. La liberté a donc un cout…

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