Pagination et SEO
Portrait Olivier Duffez

Olivier Duffez

Créateur de WebRankInfo,
consultant en référencement

Guide de la pagination pour le SEO (+ impact sur maillage interne)

La pagination web est très présente mais rarement bien faite. Découvrez comment la faire de façon optimale pour le SEO et les utilisateurs. Voyez aussi pourquoi il faut éviter la pagination et quoi faire à la place.

Voici ce que vous allez trouver dans ce guide :

  • dans les cas où vous devez utiliser la pagination, suivez bien toutes les bonnes pratiques (ci-dessous) et vérifiez par un audit qu’elles sont appliquées à 100%
  • je vous conseille de suivre mes conseils pour limiter le recours à la pagination, voire ne plus l’utiliser
  • la pagination concerne des listings, pas les articles découpés en plusieurs parties

On sait depuis le 21/03/2019 que Google n’utilise plus link rel=next/prev. Qu’est-ce que ça change et comment faut-il gérer la pagination désormais ?

Pour moi, ça change la façon d’auditer la pagination basée sur link rel next/prev, dans le sens où il n’est plus nécessaire de faire de vérification sur l’utilisation de ces directives. Mais j’ai toujours dit que la pagination est une très mauvaise solution au maillage interne !

Oubliez que c’est de la pagination et étudiez ce que votre implémentation a comme conséquences sur le maillage interne, sur la profondeur de vos pages stratégiques (fiches produits, articles…). Demandez-vous aussi si chaque page paginée est vraiment de qualité et mérite d’arriver en tête des SERP.

Bref, pour moi, ce qui est intéressant avec l’analyse de la pagination, c’est de mesurer à quel point elle dégrade votre référencement. Vous devriez revoir votre façon de penser maillage interne et pagination.

Selon mes recherches, ce dossier est le plus complet qui existe. Suivez le sommaire ci-dessous et posez vos questions en commentaires…

Sommaire : afficher/masquer

  1. Qu’est-ce que la pagination
  2. Toutes les solutions possibles
  3. Link rel=next/prev
  4. Encore mieux que la pagination…

Qu’est-ce que la pagination ?

Après une définition de la pagination web, je montre des exemples de pagination, indique les avantages mais surtout les inconvénients aussi bien pour le référencement naturel que pour l’expérience utilisateur.

Définition

Sur le web, la pagination est un système permettant de découper un grand listing en plusieurs pages (chacune avec son URL) définissant une séquence. L’internaute peut la parcourir en cliquant sur des liens de pagination.

Pagination Google

La célèbre pagination du moteur de recherche Google

Les pages autres que la 1ère page sont appelées « pages paginées » ou « pages 2+ ».

Un groupe de pages paginées (la 1ère et les suivantes) est appelé série ou séquence.

J’appelle « pages de détail » celles qui reçoivent des liens depuis cette séquence de pages. Ce sont par exemple des fiches produits, des articles de blog, des petites annonces, etc.

Exemples de pagination HTML

On trouve de la pagination dans plein de types de sites :

  • sur un site ecommerce dans les pages de catégories listant des produits
  • sur un site de contenus éditoriaux ou un blog dans les pages de catégories listant des articles
  • sur un site de petites annonces dans les pages de catégories listant les annonces
  • sur un forum dans les pages de sous-forums listant les discussions (et parfois dans les pages de discussions listant les messages)
  • etc.

Quelques exemples de liens de pagination sur des sites connus :

Pagination Amazon

Sur Amazon, on a accès à la page suivante et à 2 ou 3 pages précédentes ; on sait combien il y en a en tout

Pagination Airbnb

Chez Airbnb, on a accès à la page suivante et celle d’après, ainsi que la dernière. En plus des numéros de pages, le site rappelle les numéros d’annonces

Pagination Ouest France

Sur un gros site de contenus comme Ouest France, le site a prévu l’accès à de nombreux liens d’un coup. C’est inutile pour l’internaute, mais cela réduit (artificiellement) la profondeur des pages

Les avantages de la pagination

L’internaute peut avoir du mal à gérer une liste qui contient trop d’éléments : trop d’info tue l’info. Le fait de fractionner en plusieurs pages permet de mieux consulter les contenus et d’accélérer la vitesse.

C’est aussi un moyen pour l’utilisateur de se rendre compte du volume (en voyant le nombre de liens de pagination ainsi que le nombre total).

Les inconvénients de la pagination

La pagination est mauvaise pour l’utilisateur car :

  • il doit cliquer et attendre que la page entière (suivante) se charge ce qui est trop long, sans compter que le lien vers la page suivante est parfois difficile à trouver ou à cliquer. D’ailleurs, il est habitué à faire défiler (sur mobile ou tablette) et préfère ça.
  • il ne sait pas s’il va trouver ce qu’il cherche sur la page suivante, ou celle d’après, ou bien plus loin : il préfèrerait pouvoir affiner sa recherche
  • s’il met en favoris une des pages de la pagination, il n’est pas sûr plus tard de retrouver ce qu’il voulait car l’ordre ou la liste des éléments peut avoir changé

La pagination est très mauvaise pour le référencement car :

  • ça multiplie les URL à crawler sans pourtant se diversifier sur des expressions-clés différentes. Dit autrement, ça gâche plein de budget de crawl sans exploiter la longue traîne.
  • s’il y a de nombreuses URL de pagination (pages 2+), tous les liens qu’elles reçoivent font du « jus » en moins pour les pages stratégiques du site. Il serait bien mieux de consacrer les liens à pointer vers des pages stratégiques.
  • les pages 2 et suivantes ont très peu de chances de bien se positionner dans Google, car :
    • leurs balises title et meta description ne sont guère différentes de celles de la page 1
    • les textes des liens qu’elles reçoivent n’ont pas de sens (pas de mots-clés)
    • aucune autre page du site ne leur fait de lien
    • généralement, elles ne reçoivent jamais aucun lien venant d’autres sites
  • les pages recevant des liens depuis les pages 2+ sont donc défavorisées, puisqu’elles reçoivent des liens venant de pages à très faible popularité (PageRank ou PageRank interne). Dans certains cas extrêmes, des pages ne reçoivent pourtant que des liens depuis ces pages 2+, ce qui est très mauvais (je les appelle pages Lost In Pagination).
  • un maillage reposant en majorité sur de la pagination augmente la profondeur des pages qui y sont liées. Et comme + une page est profonde, moins elle est performante en SEO, c’est une très mauvaise idée, surtout pour les gros sites.
  • s’il y a peu d’éléments par page et aucune optimisation, les pages paginées peuvent s’apparenter à des contenus dupliqués

Pour comprendre tout ça en vidéo, c’est par ici :

Ou bien son transcript texte/images : la pagination, mauvaise idée pour le maillage interne

Toutes les solutions pour gérer la pagination

Je décris toutes les solutions (ne rien faire, view all, CSS, JS ou AJAX, rel next/prev), donne mon avis et détaille les bonnes pratiques de la solution la plus universelle (link rel next/prev).

Je passe en revue toutes les solutions que je connais. S’il en manque, dites-le en commentaires !

La meilleure solution pour la pagination SEO

Le plus efficace, c’est de tout faire pour ne pas avoir besoin de pagination. C’est simple non ?

Je suis très sérieux en fait ! C’est ce que j’ai fait par exemple avec les centaines de dossiers de WebRankInfo. Je l’explique dans les conseils en fin de dossier.

La solution de ne rien prévoir de particulier

Si votre CMS n’a rien prévu et que vous ne faites rien de spécial, les moteurs de recherche vont devoir se débrouiller pour comprendre votre site.

Sans parler des internautes qui devront passer malgré tout par votre pagination 😫…

🚦 Mon avis : c’est la catastrophe.

La solution de la page view all

Elle consiste à :

  • mettre en place une pagination (pages 2+)
  • ajouter une autre page « view all » qui liste 100% des éléments, destinée aux moteurs de recherche
  • déclarer cette page « view all » comme URL canonique sur toutes les URL de la série de pages

L’avantage est que c’est assez simple à faire – si votre CMS l’a prévu.

L’inconvénient est que la page « view all » est souvent très lourde à charger, parfois trop longue (les moteurs n’indexent pas forcément tout, c’est le cas de Bing par exemple).

🚦 Mon avis : par expérience, cette solution n’est pas optimale en référencement car elle consomme trop de budget de crawl inutilement et la page « Tout afficher » n’est pas toujours celle qui est mise en avant dans le maillage (si bien qu’elle a de mauvaises performances SEO).

La pagination CSS

Elle consiste à récupérer la liste de tous les éléments en un seul coup mais à n’afficher la liste que par paquets, les autres étant masqués par CSS. Un clic sur « page suivante » masque le bloc courant et affiche le suivant.

En réalité, ce n’est pas de la pagination, c’est une sorte de variante de la page « view all ». L’avantage est un meilleur confort pour l’internaute mais seulement une fois que la page s’est chargée, ce qui peut être trop long. Ce n’est pas évident à gérer sur mobile.

🚦 Mon avis : ce n’est pas une solution à la pagination.

La pagination avec scroll infini (Ajax)

Elle consiste à afficher en HTML la page 1, puis à gérer via Ajax l’affichage de la suite dès qu’on se met à faire défiler la page plus bas, comme on le trouve sur la plupart des réseaux sociaux.

L’équivalent d’une nouvelle page s’affiche à chaque fois qu’on continue de « scroller », d’où l’appellation « infinite scrolling » (défilement infini) et par extension « pagination infinie ».

Il existe une variante : au lieu de se déclencher au scroll, l’internaute doit cliquer sur un bouton ou un lien du type « Voir la suite » ou « Charger plus de résultats ».

C’est plus agréable pour l’internaute car il n’a pas besoin de trouver le lien vers la page suivante, de cliquer et d’attendre qu’elle se charge avec l’ensemble du design.

Mais d’un point de vue référencement, c’est selon moi un très mauvais choix. En effet, Google aura tendance à indexer seulement la 1ère page (celle qui est disponible sans nécessiter Javascript), ce qui est une catastrophe vu que les pages 2 et suivantes servent à faire des liens vers des produits, articles et autres pages de détails. Dit autrement, ça génère des pages orphelines (des pages existent sur votre site mais Google ne voit aucun lien ne pointe vers elle).

Si l’implémentation est bonne, parfois Google indexe la page 2 mais rarement plus. Et les autres moteurs ne font pas mieux.

🚦 Mon avis : infinite scroll = à oublier pour le SEO.

La solution basée sur link rel=next/prev

Elle consiste à découper la grande liste en plusieurs pages, chacune accessible à une URL précise, et à indiquer comment ces URL s’enchaînent. Concrètement :

  • sur la page 1 vous indiquez l’URL de la page suivante (la 2)
  • sur la page 2 vous indiquez l’URL de la page suivante (la 3) ainsi que l’URL de la page précédente (la 1)
  • etc. jusqu’à la dernière page où vous indiquez l’URL de la page précédente

Ces indications d’enchaînement entre pages paginées doivent se traduire par :

  • des liens HTML pour que l’internaute puisse naviguer et pour que les crawlers puissent suivre les liens
  • des directives pour les moteurs de recherche, parfois appelées attributs de pagination. Il s’agit des « link rel=next » et « link rel=prev » que je décris en détails ci-après.

L’avantage principal est que la plupart des CMS intègrent cette solution.

L’inconvénient est que ça reste de la pagination ! Plus sérieusement, en point négatif je dirais qu’il y a beaucoup d’erreurs possibles… J’explique tout ça ci-dessous.

🚦 Mon avis : si vraiment vous avez besoin de la pagination, alors c’est la solution à choisir. Attention à valider sa bonne mise en place…

La pagination avec link rel=next/prev

Cette méthode a été longtemps recommandée par Google, mais désormais ces balises ne sont plus exploitées dans son algo. Cela n’empêche pas d’autres moteurs (sans doute ?) de l’utiliser, ou vous de l’utiliser. D’ailleurs, elle peut servir dans une politique de meilleure accessibilité.

Retrouvez ici la syntaxe, les bonnes pratiques, les erreurs courantes ainsi que des questions/réponses.

Dans la suite, je vais prendre l’exemple fictif d’un listing de produits dans une catégorie « Tables », contenant en tout 4 pages :

  • Première page : https://example.com/tables/
  • Page 2 : https://example.com/tables/page/2/
  • Page 3 : https://example.com/tables/page/3/
  • Dernière page : https://example.com/tables/page/4/

Syntaxe

Pour indiquer aux robots des moteurs de recherche l’ordre des pages, vous devez utiliser une directive link avec des instructions « next » (pour la page suivante) et « prev » (pour la page précédente).

Vous avez 2 moyens :

Le plus simple est d’utiliser la balise <link> dans l’entête HTML (c’est-à-dire entre <head> et </head>, mais pas dans <body>). L’attribut rel sert à indiquer la relation avec la page courante, tandis que l’attribut href sert à indiquer l’URL de la page suivante ou précédente.

Voici ce qu’il faudrait mettre dans le code HTML de la page 1 :

<link rel="next" href="https://example.com/tables/page/2/">

dans la page 2 :

<link rel="prev" href="https://example.com/tables/">
<link rel="next" href="https://example.com/tables/page/3/">

dans la page 3 :

<link rel="prev" href="https://example.com/tables/page/2/">
<link rel="next" href="https://example.com/tables/page/4/">

dans la page 4 :

<link rel="prev" href="https://example.com/tables/page/3">

Le second moyen est de fournir les mêmes informations dans les en-têtes HTTP. Le principe est identique, c’est juste la syntaxe qui diffère très légèrement. Voici ce que ça donnerait pour la page 2 :

Link: <https://example.com/tables/page/; rel="prev">
Link: <https://example.com/tables/page/3/; rel="next">

ℹ️ Bon à savoir :

  • Vous pouvez utiliser des URL absolues ou relatives. Si vous incluez un lien <base> dans votre document, les chemins d’accès relatifs seront résolus en fonction de l’URL de base.
  • rel=prev et rel=next servent d’indices aux moteurs. Comme pour l’URL canonique, il s’agit juste d’indications, pas de directives absolues

Si vous faites des erreurs liées à la syntaxe, les moteurs auront du mal à « comprendre » votre implémentation et se basera sur sa propre heuristique. Je vous conseille de tout valider avec un outil pour vous assurer que tout est OK. Le référencement n’est-il pas déjà assez concurrentiel ?

Pagination et URL canonique

Indiquer l’URL canonique sert à préciser aux moteurs sous quelle URL « officielle » le contenu devrait être indexé.

Pour en savoir plus : Qu’est-ce que l’URL canonique ?

Fournir l’URL canonique d’une page est une bonne pratique ; elle ne présente aucune contre-indication avec les balises link de la pagination. Dit autrement, même si vous utilisez des balises pour la pagination, vous devriez inclure une balise d’URL canonique.

On parle parfois de self canonical : ça signifie que sur une page (la page 1 ou une des pages paginées), il faut déclarer son URL canonique.

Voici ce qu’on devrait trouver dans l’entête HTML de la page 2 :

<link rel="canonical" href="https://example.com/tables/page/2/">
<link rel="prev" href="https://example.com/tables/page/">
<link rel="next" href="https://example.com/tables/page/3/">

⚠️ Attention : indiquer comme URL canonique l’URL de la page 1 sur toutes les pages paginées est une des erreurs les plus répandues. Je le détaille ci-après.

Pagination et structure d’URL

Il n’existe aucune règle ou standard à suivre concernant le format des URL paginées : à vous de choisir ce qui vous parait le plus simple et surtout qui fonctionnera longtemps (pour garder des URL stables).

Généralement, on utilise un numéro de page et on le fait commencer à 1 (mais on n’affiche pas ce 1 dans l’URL, c’est seulement à partir de la page 2). Parfois, on indique un indice de décalage (offset) : par exemple la 2ème page aura start=10, la 3ème start=20.

Le numéro de page ou d’offset peut être inclus dans de la réécriture d’URL ou associé à un paramètre d’URL, ça ne change strictement rien, les 2 solutions sont bonnes.

Google propose dans Search Console que l’on déclare dans les paramètres d’URL s’il s’agit de pagination. Pour ma part je ne le fais jamais, car je préfère que ces indications soient directement dans le code source. Ainsi c’est valable pour tous les moteurs et c’est plus facile pour le suivi.

Recommandations pour une pagination SEO optimale

Ma longue expérience du SEO m’a permis d’élaborer une liste des bonnes pratiques pour la pagination. Voici la checklist que je vérifie dans mes audits, les consignes suivantes étant globalement classées par ordre d’importance décroissante :

1 Les pages de la pagination doivent toutes être autorisées au crawl : elles ne doivent pas être bloquées dans le fichier robots.txt. Sinon, Google n’a plus accès aux pages 2+ et dans ce cas, les liens qui figurent dans ces pages vers des pages à faire indexer ne seront pas vus par Google. Il y a un risque que des pages soient orphelines.

2 Les pages de la pagination doivent toutes être autorisées à l’indexation : il ne doit pas y avoir d’instruction noindex ou none dans la balise meta robots ou l’entête HTTP X-Robots-Tag. D’une part car cela ne sert à rien, les instructions rel/prev sont mieux pour ce cas, d’autre part car il est connu qu’au bout d’un moment, Googlebot ne vient plus souvent crawler les pages en noindex (et donc il ne voit plus certains liens).

3 Les pages de la pagination doivent toutes renvoyer un code 200. Evident mais parfois on a des redirections ou même des 404.

4 Chaque page de la pagination doit contenir des liens cliquables follow autorisés au crawl vers les URL next/prev, en plus des instructions <link>. Si vous oubliez ces liens, ou s’ils ne sont pas vus/compatibles pour les robots, ça sera très mauvais pour votre référencement.

5 La page 1 doit être travaillée en tant que catégorie, avec du contenu éditorial à forte valeur ajoutée (texte inédit), une excellente UX et seulement après le listing. A l’inverse, les pages 2+ ne doivent contenir que le listing.

6 La page 1 doit toujours être indiquée avec la même URL. Par exemple il ne faut pas parfois indiquer l’URL sans le paramètre page et parfois avec page=1 ou page=0). “Indiquée” fait référence aussi bien aux liens <a> qu’aux balises <link>.

7 Les pages 2+ de la pagination ne doivent pas indiquer la page 1 en tant que canonique. C’est logique, car on doit normalement utiliser l’URL canonique quand le contenu est strictement ou quasiment identique sur plusieurs URL.

8 Les instructions next/prev doivent être toutes cohérentes entre elles : une URL est toujours indiquée comme étant à la même position. Par exemple si l’URL A indique que B est la 2ème de la série et qu’une URL C indique que B est la 3ème de la série, c’est incohérent.

9 Les instructions next/prev ne doivent pas créer de boucle infinie, générant un nombre illimité d’URL dans la série. Quand ça arrive c’est généralement un bug…

10 Les pages de la pagination ne doivent pas déclarer plusieurs URL différentes en tant que next ou en tant que prev. Sinon ça devient le foutoir…

11 Les pages de la pagination doivent toutes être bien ordonnées : sur la page N,
si l’instruction next est présente, elle indique toujours la page N+1
si l’instruction prev est présente, elle indique toujours la page N-1

12 La pagination ne doit pas utiliser d’attribut rel=next/prev dans des balises <a> (uniquement dans <link>). Ces attributs s’ils sont dans une balise <a>.

13 La pagination ne doit pas être utilisée sur des pages non paginées. Il faut l’utiliser sur des listes (de produits, d’articles, peu importe) mais pas pour indiquer l’article suivant ou précédent, comme le font de nombreux thèmes WordPress. La pagination WordPress est donc souvent mal faite, en tout cas pour cet aspect (mais pas pour les listings d’archives).

Même si ça vous parait long, il est important de vérifier que vous respectez toutes ces règles…

Erreurs répandues

D’après mon expérience, voici les erreurs les plus courantes (vérifiez que vous ne les faites pas) :

  • interdire le crawl de la pagination (Disallow dans le fichier robots.txt)
  • noindex et pagination : interdire l’indexation des pages 2+ avec une balise meta robots noindex
  • nofollow et pagination : mettre une balise meta robots nofollow sur les pages 2+
  • déclarer la page 1 en URL canonique sur toutes les pages 2+
  • proposer une pagination sur la page d’accueil d’un blog (WordPress ou autres)

Mais en fait le plus grave (et très fréquent) c’est de :

  • ne pas surveiller combien vous avez d’URL de pagination
  • ne pas évaluer à quel point à cause de ça, le maillage interne est mauvais et la profondeur des pages stratégiques importante
  • ne pas mesurer combien d’internautes utilisent réellement votre pagination (vont-ils sur les pages 2+ ?)

Questions / réponses

Est-ce qu’une page paginée peut être indexée ?

Oui, en théorie les pages 2 et suivantes peuvent être indexées, même avec les indications link rel=next ou prev. Mais en pratique, c’est très souvent la page 1 qui sort dans les résultats. Parfois une des pages apparaît dans les SERP, cela signifie qu’elle a du contenu spécifique (absent de la page 1) qui répond très bien à la requête de l’utilisateur.

Peut-on utiliser rel=next et rel=prev dans un sitemap XML ?

Non ce n’est pas possible, les 2 endroits sont l’entête HTML et l’entête HTTP de chaque page HTML.

Faut-il lister les pages 2+ dans les sitemaps ?

Les avis sont partagés, mais pour ma part je trouve que c’est logique de les inclure puisqu’il s’agit de pages autorisées au crawl et à l’indexation. Par ailleurs, avoir ces URL dans un sitemap permet de faire un audit avancé, pour vérifier notamment qu’elles sont crawlables, accessibles, indexables.

Comment gérer les doublons de balises Title du contenu paginé ?

Si vous suivez à la lettre toutes les consignes de ce dossier, vous n’avez pas à craindre de contenus dupliqués même si la balise title est identique sur chaque page d’une série. Les instructions link rel=prev/next servent à ça.

Idem pour la balise meta description et la balise H1.

Peut-on afficher les listes dans un ordre aléatoire ?

Si la liste de vos produits ou articles est triée de façon aléatoire, à chaque fois que Google viendra crawler une page, il aura l’impression que son contenu a pas mal changé, ce qui risque de créer pas mal d’instabilité. Un jour il considère que la page est pertinente pour certaines requêtes (en fonction du contenu), et la prochaine fois ça ne sera plus le cas.

Bref, à mon avis il vaut mieux éviter.

Comment gérer la pagination WordPress ?

Tout dépend de votre thème (et des templates), mais généralement on trouve de la pagination sur les pages d’archives et parfois aussi sur la page d’accueil.

Comme sur tous les autres sites, je vous déconseille d’avoir de la pagination sur la page d’accueil : mettez en avant un certain nombre d’articles puis proposez des liens vers vos catégories, mais sans pagination.

Pour les archives (catégories), suivez les conseils déjà donnés pour éviter au maximum la pagination. Augmentez le nombre d’articles par page en allant dans « Réglages » > « Lecture » > « Les pages du site doivent afficher au plus ». Faites aussi des sous-catégories, ainsi que des liens intégrés dans les contenus.

Faire mieux que la pagination

Le recours à la pagination a tendance à augmenter la profondeur des pages stratégiques et à diminuer leurs performances SEO. Découvrez ce qu’il faut faire à la place, bien mieux également pour l’utilisateur.

Réduire les cas où la pagination est nécessaire

La première des choses à faire est d’augmenter le nombre d’éléments par page. C’est extrêmement simple, rapide et efficace – jusqu’à un certain niveau.

Passer de 10 éléments à 20 divise par 2 le nombre de pages nécessaires et réduit donc fortement les problèmes.

Bien entendu, il y a des limites, car + vous augmentez le nombre d’éléments par page, + la page devient lourde (et complexe à générer pour le serveur). Si chaque élément est seulement un peu de texte, ça va. Mais s’il y a une ou plusieurs images par élément, ainsi que d’autres données, ça finit par faire trop.

Il faut choisir le nombre d’éléments par page en fonction de la complexité du listing, mais aussi de la taille du site.

A mon avis, 10 est beaucoup trop faible, 20 ou 30 est souvent un bon choix, parfois 50. Dans des cas avec un très grand nombre d’éléments, j’ai déjà choisi de monter à 100.

Exploiter le concept de la longue traîne

Il est là le miracle ! C’est la technique qui va vous faire énormément gagner (si vous avez beaucoup de produits ou d’articles, et trop de pagination).

Imaginons que vous vendiez plein de meubles sur votre site. Vous avez une catégorie « tables » avec 500 produits différents.

  • est-ce vraiment intéressant pour l’utilisateur d’avoir une énorme liste, avec une belle pagination ? Non !
  • est-ce efficace en référencement de tout miser sur des requêtes du type « achat table » quand on a autant de choix à proposer ? Non !

La solution est évidemment de créer plein de sous-catégories, et/ou des moyens d’affiner selon des critères (à condition que cela passe par des liens et non un formulaire ou de l’Ajax).

Prenez le temps de réfléchir à tous les besoins de vos clients qui veulent acheter des tables, et à leur façon de les exprimer dans Google. Certains cherchent par matière (tables en bois, plastique, métal…), d’autres par forme (table carrée, rectangulaire, ronde…), d’autres par pièce (table de salon, de cuisine, de jardin…).

En croisant avec votre offre, vous en déduisez toute une arborescence de sous-catégories à créer.

Au final :

  • vous continuez de vous battre sur les requêtes générales du type « achat table »
  • vous vous donnez des chances de vous positionner sur de très nombreuses autres requêtes hyper stratégiques pour votre business. C’est ce qu’on appelle exploiter la longue traîne (des besoins).
  • vous réduisez ou supprimer le besoin de passer par de la pagination. A un niveau donné, vous listez d’abord les sous-catégories ainsi qu’un échantillon de produits (ceux à promouvoir), mais vous n’avez pas besoin de les lister tous (on peut les trouver dans les sous-catégories).
  • si c’est bien fait, vous réduisez la profondeur des pages stratégiques (fiches produits)

Optimiser le maillage

Parfois il reste encore des cas où vous n’arrivez pas à supprimer la pagination, car votre site est assez gros et que vous ne pouvez pas/plus créer de sous-catégories.

Dans ce cas, en complément de tout ce que j’ai conseillé ci-avant, il faut travailler le maillage interne. Dit autrement, il faut trouver d’autres endroits de votre site (que les pages listings) pour faire des liens vers les pages de détail (fiches produits, articles, annonces, etc.).

Quelques suggestions :

  • insérez des liens au cœur des contenus éditoriaux (comme je l’ai fait dans ce dossier) : ce sont les liens les plus efficaces
  • sur une page de détail, mettez en place un système qui ajoute des liens vers d’autres pages de détail similaires (articles en rapport, produits associés, etc.).
  • faites des « raccourcis » : si une catégorie a plusieurs niveaux de catégories enfants, ne faites pas seulement des liens vers uniquement le niveau inférieur. Faites parfois aussi des liens vers certains éléments situés à 2 niveaux.

Pour finir…

Avez-vous trouvé toutes les infos que vous cherchiez pour bien paginer votre contenu ?

N’hésitez pas à poser vos questions ou faire des remarques.

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10 commentaires

Olivier Duffez

Oui j’ai vu tout ça sur Twitter, j’ai mis à jour mon dossier.

Répondre
Guillaume

Bonjour et merci pour ce guide complet Olivier. En attente des précisions concernant rel=prev/next. Étonnant de lire que Google ne les prend pas en compte.

Y a t-il une étude qui permet d’affirmer ceci : « La pagination est mauvaise pour l’utilisateur car l’utilisateur […] est habitué à faire défiler (sur mobile ou tablette) et préfère ça. »

J’ai quelques doutes… concernant la mémoire requise par l’appareil (le navigateur) pour gérer la longue liste d’éléments, il existe bien des solutions de mise en cache, mais concernant le besoin de retrouver un élément dans une liste, je préfère retenir (voire mettre en favoris) un numéro de page que de compter le nombre de swipe.

Répondre
Olivier Duffez

« Mettre un numéro de page en favoris » alors que rien ne garantit que les éléments qui étaient sur cette page le seront à notre prochaine visite ?

Pour les études, il suffit de regarder pour son propre site si les internautes vont souvent sur les pages 2+. Pour l’avoir testé sur un grand nombre de sites, je peux dire que c’est très rare. Donc la pagination n’est pas un bon moyen de gérer le maillage interne !

Répondre
Djam

Merci Olivier pour ces recommandations que j’ai lu avec attention !
Tu dis que l’idéal est d’avoir un contenu thématique spécifique pour la première page de la catégorie uniquement.
Ma question est de savoir comment tu procèdes pour qu’il n’apparaisse pas sur les pages 2 et +.
Peux-tu éclairer ma lanterne stp ?
Cdlt

Répondre
Olivier Duffez

C’est à chacun de se débrouiller pour personnaliser son CMS ou faire un développement sur-mesure.

Répondre
Mango

Merci Olivier pour ce rappel des bonnes pratiques.

Je découvre l’utilité de déclarer canonical la page courante de cette pagination.

De mémoire, Google m’a longtemps signalé des doublons dans les balises title et meta description, lorsque le numéro de la page courante n’y était pas précisé. Cela me parait solidement logique.

En revanche, dans le corps lisible, la situation de cette page courante étant indiquée dans la grille d’onglets de navigation, je n’ai pas jugé nécessaire de préciser cette pagination dans le H1.

Au niveau de Google, sans l’avoir mesuré méthodiquement, il m’a semblé que toute erreur dans le futur ex « Améliorations HTML » pouvait être un indice négatif en SEO.

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Olivier Duffez

Je déconseille de passer du temps à supprimer les doublons de balises title sur les pages de la pagination…

Répondre
Mango

Une pagination est justifiée si elle découpe en tranches un contenu non structurable, qui serait trop lourd à stocker sur serveur, puis à transporter et afficher. La première page est légère, et détermine l’utilité de poursuivre la navigation. Google fait tellement cela qu’on sait tous ce que vaut de passer en deuxième page dans les résultats.

Ce qui me manque le plus dans la gestion des « link rel » c’est un maillage vertical, c’est à dire de pouvoir indiquer les branches en amont, jusqu’à « link rel index » et « link rel domaine ».

« up » semblait pouvoir le faire sans gêner Google, mais le W3C n’est pas d’accord et ne reconnaît pas (plus) cet argument. Et pourtant ce serait utile je trouve.

Répondre
MakeOnlineShop

Super utile ! merci !

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